EN:  Un exploit qui en appelle d’autres

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Des exploits comme celui réalisé par Djamel Belmadi et sa bande sont rares dans le sport, il faut le dire.

Mais pour les anciens, ça leur rappelle, toutes proportions gardées, le sacre du MCA dans la défunte coupe d’Afrique des clubs champions en 1976. En effet, quand les dirigeants mouloudéens de l’époque avaient décidé de se lancer dans l’aventure africaine, personne ne donnait chère de la peau de leur équipe. C’était à leurs risques et périls. D’autant que c’était la première fois qu’un club algérien s’engageait dans la compétition continentale, après la mésaventure vécue quelques années plus tôt par le CRB, qui s’était terminée en queue de poisson.  Ainsi beaucoup les prenaient pour des fous, car ils partaient carrément vers l’inconnu. Seuls quelques dirigeants y croyaient fermement. Ils avaient su ensuite transmettre leur foi à l’ensemble des joueurs. Finalement, ils ont été récompensés pour leur audace et pour leur prise de risque. De même, Belmadi a pu mobiliser son groupe pour un seul objectif : remporter la Coupe d’Afrique des nations, au moment où personne ne croyaient aux chances des Algériens en Egypte. «Dès mon arrivée, j’ai tenu à faire partager à mes joueurs mon ambition de remporter la Coupe d’Afrique en Égypte. Certains d’entre eux pensaient que c’était impossible. Il ne faut pas oublier d’où nous venons. Il y a dix mois, quand j’ai été nommé sélectionneur, l’équipe traversait une mauvaise passe. Aujourd’hui, nous avons offert à notre pays son premier trophée dans un pays étranger», a confié le sélectionneur national au site de la Fifa. Comme quoi, il n’y a rien d’impossible dans le sport surtout pour ceux qui s’engagent pleinement avec sincérité et détermination. Des qualités transmissibles, visiblement, avec lesquelles on peut déplacer des montagnes. Mais une fois l’objectif atteint, il y a une forme de saturation et de satisfaction qui s’installent inhibant notre volonté d’aller encore plus loin ou de répéter nos exploits. Le MCA en souffre jusqu’à présent, puisque le vieux club algérois n’a jamais pu renouveler sa victoire sur la scène africaine. L’on ne veut pas que l’équipe nationale connaisse la même traversée du désert. Déjà qu’on a attendu 29 longues années pour revoir les Verts de nouveaux couronnés en Afrique. Une éternité pour une terre de football comme l’Algérie. Djamel Belmadi en est certainement conscient. C’est pour cette raison d’ailleurs qu’il hésite à poursuivre sa mission à la tête des Verts, comme l’a confié Riyad Mahrez. Il sait que les attentes du public par rapport à son équipe, sont désormais beaucoup plus grandes. En point de mire, la qualification au prochain mondial. Un objectif qui s’impose de facto, après les belles prestations des Verts en Egypte. L’on n’ose imaginer un échec à ce propos. D’où la pression que doit désormais supporter le coach national. L’on comprend dès lors ses tergiversations et ses doutes dans un contexte il est vrai, peu propice à la performance. Belmadi est en droit d’exiger des garanties et de larges prérogatives dans ses futures missions. Son équipe a changé de dimension, on ne va plus la voir de la même manière y compris par ses adversaires. C’est pour cette raison que les jours à venir seront cruciaux pour l’avenir de l’EN et pour son entraineur. Le passage d’un statut à un autre n’est pas sans risque. Il est même très délicat. Si on rate la transition on risque de tomber au point zéro…

Ali Nezlioui