En vue d’appuyer le processus de dialogue: Une nouvelle rencontre des organisations de la société civile samedi prochain à Alger

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Les initiatives pour une sortie de la crise qui secoue le pays depuis février dernier se multiplient et dans cette perspective plus précisément que s’inscrit la rencontre de samedi prochain à l’initiative de la Confédération des syndicats algériens, et qui devrait regrouper des organisations et des membres actifs de la société civile.

Les initiateurs de cette rencontre ont expliqué dans un communiqué que l’ objectif recherché est d’organiser un congrès national rassembleur afin de « contribuer à la résolution de la crise politique du pays ». Les membres dynamiques de la société civile ont tenu des réunions bilatérales entre le 18 juillet et le 9 août en cours avec des partis politiques, des personnalités politiques et des compétences algériennes établies à l’étranger, lesquels ont tenu, selon le communiqué, à « saluer le mouvement populaire pacifique qui se poursuit pour son 25e vendredi dans le même esprit de détermination, de constance, de défi et de persistance, donnant une belle image de l’unité nationale». Les membres actifs de la société civile, qui « travaillent à concrétiser les recommandations de la conférence du 15 juin dernier, tout en décidant de «tenir une première réunion consultative le 17 août, se réjouissent de la réaction positive des différentes parties contactées, souhaitant que cette initiative atteindra le succès attendu pour incarner les revendications du peuple algérien et en soutien à un dialogue sérieux et responsable visant une transition démocratique sans heurt, à même de permettre la construction d’un Etat démocratique, pluraliste et civil, régi par le droit et ouvert sur le monde, dans le cadre des principes du 1er Novembre 1954». Pour rappel, lors du forum tenu le 15 juin dernier à l’école supérieure d’hôtellerie et de restauration d’Ain Benian et dont les travaux ont été coordonnés par l’ancien ministre de la Communication Abdelaziz Rahabi, les participants ont échangé leurs visions et leurs points de vue sur la base d’un dialogue global qui doit aboutir à la mise en place des garanties pour un scrutin transparent, régulier et crédible. Ils ont également souligné que seule la satisfaction de ces exigences est de nature à amener les Algériens à voter et que les hommes de bonne volonté dans la classe politique au sein du pouvoir doivent accepter d’aller vers un compromis solide, estimant que l’histoire du passage d’une démocratie formelle à une démocratie réelle « se construit maintenant ». C’est la gravité de la situation et le devoir de patriotisme qui ont motivé des chefs de partis, les principaux syndicats autonomes, des personnalités politiques, des élites universitaires, des associations, corporations et des organisations estudiantines à engager une initiative politique destinée exclusivement à proposer au peuple algérien et à ses dirigeants une plate-forme visant à amorcer un dialogue inclusif et responsable, a-t-on expliqué, relevant que cet effort de participation à la concrétisation des aspirations des Algériens, sortis en masse pour réclamer une véritable transformation politique, « n’est pas porté par une motivation partisane ou idéologique, mais par la prise de conscience de la gravité du moment, des perspectives économiques inquiétantes et des menaces réelles aux frontières ». Les propositions émanant de ce forum seront soumises au pouvoir, ainsi qu’aux élites et aux autres forces politiques pour pouvoir trouver des convergences entre toutes les offres de dialogue faites jusque-là. Lors de son dernier discours à la nation, le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah avait lancé un nouvel appel pour « un dialogue national inclusif » sur la prochaine échéance présidentielle, assurant que l’Etat, y compris l’institution militaire, ne sera « pas partie prenante à ce dialogue ». 

« Ce dialogue est urgent, parce que le pays doit recouvrer au plus vite sa normalité politique et institutionnelle, qui le mettrait en position de faire face aux incertitudes économiques et sociales et aux menaces qui pèsent sur notre sécurité nationale »

Bensalah les a invités, ainsi, à participer à ce dialogue destiné à « débattre de toutes les préoccupations portant sur la prochaine échéance présidentielle » afin qu’ils apportent « leur contribution à l’organisation du scrutin dans un climat d’entente et de sérénité ». Jugeant ce dialogue « plus que nécessaire », le chef de l’Etat a estimé qu’il constitue également « la meilleure voie pour parvenir aux formules consensuelles nécessaires sur l’ensemble des questions en rapport avec l’élection présidentielle. « Ce dialogue est urgent, parce que le pays doit recouvrer au plus vite sa normalité politique et institutionnelle, qui le mettrait en position de faire face aux incertitudes économiques et sociales et aux menaces qui pèsent sur notre sécurité nationale du fait d’un environnement extérieur particulièrement complexe », a-t-il soutenu. M. Bensalah a invité, à ce titre, toutes les parties à « mettre de côté les calculs marginaux et les exigences irréalistes », soulignant que celles-ci « sont de nature à prolonger la situation actuelle et d’entrainer notre pays dans une situation de vide constitutionnel, source d’incertitude et d’instabilité. Détaillant sa nouvelle offre politique, le chef de l’Etat a affirmé que le processus de dialogue qui sera lancé incessamment, « sera conduit et mené en toute liberté et en toute transparence par des personnalités nationales crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale ». Il s’est engagé, à cet égard, à ce que l’Etat dans toutes ses composantes, y compris l’institution militaire, ne sera pas partie prenante à ce dialogue et observera la plus stricte neutralité tout au long du déroulement de ce processus ». L’Etat, a-t-il poursuivi, « se contentera de mettre tous les moyens matériels et logistiques à la disposition du Panel de personnalités, qui décidera lui-même des modalités de son fonctionnement ». M. Bensalah a assuré, à ce propos, que « les participants au dialogue auront la liberté de discuter et de débattre des conditions à réunir pour garantir la crédibilité du scrutin et aborder l’ensemble des aspects législatif, réglementaire et organisationnel de cette élection, y compris le déroulement du calendrier électoral, ainsi que les mécanismes de son contrôle et de sa supervision ». Il a insisté, dans ce contexte, sur le fait que le dialogue « devra nécessairement se concentrer sur l’unique objectif stratégique que constitue l’organisation de l’élection », qui « devrait se tenir à une date la plus rapprochée possible » et se dérouler « dans le cadre de la Constitution qui impose la préservation de l’Etat, respect des Institutions et la prévalence de l’intérêt supérieur de la Nation ». Le dialogue devrait, en outre, axer ses discussions sur « l’organe ou l’autorité électorale indépendante à mettre en place » et qui « aura pour mandat d’organiser et de contrôler le processus électoral dans toutes ses étapes ». « Il s’agira de débattre et d’arrêter la configuration de cette entité et de fixer ses missions et attributions, son mode d’organisation et de fonctionnement ainsi que sa composante, y compris, éventuellement, les personnalités consensuelles devant la diriger », a-t-il détaillé. Pour le chef de l’Etat, cette entité qui va se substituer à l’administration publique « sera appelée à intervenir sur tout le territoire national et aura, en conséquence, des démembrements au niveau des wilayas, des communes et des circonscriptions électorales de notre communauté à l’étranger ». Une loi spécifique devrait être adoptée pour permettre la mise en place de cet organe, a affirmé M. Bensalah qui a souligné, en outre, la nécessité d’adapter, en conséquence, le dispositif législatif et règlementaire, notamment la loi électorale. Il a relevé ainsi la nécessité de réviser cette loi pour « y introduire toutes les garanties, à même de faire en sorte que ce scrutin puisse répondre à toutes les exigences d’impartialité, de régularité et de transparence ». « Comme il sera également nécessaire d’examiner l’articulation entre cet organe qui sera créé et la Haute instance indépendante de surveillance des élections, prévue par la Constitution, dont il est possible de revoir la composition », a-t-il ajouté. Pour le chef de l’Etat, l’élection présidentielle « reste la seule solution démocratique viable et raisonnable » pour transcender les écueils de cette étape cruciale ».

T. Benslimane