En vue de bâtir une économie non rentière: L’Algérie table sur un nouveau mode de gouvernance

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Dans une conjoncture très difficile à surmonter, marquée par une récession sans précédant, l’Algérie table désormais sur un nouveau mode de gouvernance pour édifier une économie non rentière qui permettrait d’améliorer les recettes du Trésor et de créer des emplois.

En présidant, avant-hier, la réunion du ­Conseil des ministres le président de la République a indiqué que l’Algérie est dans «une véritable course contre la montre pour édifier une économie non rentière qui permettrait d’améliorer les recettes du Trésor, de créer des emplois pour les jeunes et de réduire l’importation pour préserver les réserves de change». Et d’ajouter à l’adresse des membres du gouvernement: «le peuple vous jugera sur le terrain à partir de la conformité de votre parole et vos actes, alors soyez un exemple de sincérité de propos, de dévouement et d’abnégation dans le travail, et en cette veille de célébration de la fête de l’Indépendance, rappelez-vous toujours que quels que soient vos sacrifices, ils seront toujours moindre de toute goutte de sang pur versée par les Chouhada de la Glorieuse guerre de Libération et même du devoir national après l’indépendance». Evoquant la portée du dernier remaniement ministériel avec la création d’importants départements en lien direct avec le quotidien du citoyen, le président Tebboune a donné, à chaque ministre, des directives concernant la feuille de route à préparer en prélude de sa présentation en Conseil des ministres, après examen au niveau du gouvernement. A ce propos, il a instruit le ministre de l’Agriculture et du Développement rural de préparer le cahier des charges de l’Office de Développement de l’Agriculture industrielle en Terres sahariennes afin de pouvoir engager, dès l’année prochaine, la culture du maïs et les cultures sucrières et oléagineuses fin d’augmenter les capacités nationales agricoles et garantir la sécurité alimentaire. Le ministre des Transports a été instruit de revoir le transport, sous toutes ses formes, en optimisant tous les moyens disponibles pour dynamiser le trafic aérien domestique, et permettre à l’Algérie de retrouver sa place dans le domaine du transport maritime, à travers l’élargissement de la flotte maritime en vue de la prise en charge du transport des voyageurs et de marchandises, de et vers l’Algérie et économiser ainsi les coûts en devises des prestations des compagnies étrangères. Cette réalisation est vitale pour l’Algérie même si cela passe par l’acquisition de nouveaux navires pour renforcer la flotte nationale du transport maritime, a-t-il affirmé. Tebboune a également instruit le ministre des mines d’accélérer, par voie de presse, le recrutement d’ingénieurs et d’experts dont seront constituées les équipes en charge de la gestion du département de façon à lui conférer un rôle axial dans le cycle économique, à commencer par le recensement précis de toutes nos richesses minières en perspective d’exploitation en vue d’alléger la dépendance aux hydrocarbures et créer de la richesses et des emplois. Par ailleurs, le ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables a été instruit de focaliser, dans son programme, sur les opérations de production des énergies renouvelables à même d’être concrétisées sur le terrain et de choisir des wilayas pilotes pour l’élargissement de l’expérience de transition énergétique, à commencer par la généralisation de l’éclairage public à l’énergie solaire dans tout le pays.

Le gouvernement met en évidence, dans son plan d’action, une crise multidimensionnelle issue de «dérives successives» dans la gestion des affaires publiques et d’une «mainmise de forces occultes et extraconstitutionnelles sur les leviers de la décision politique», ayant eu pour conséquence une «corruption érigée en système de gouvernance» et faisant peser des «menaces majeures» sur la souveraineté nationale  Le président de la République a demandé, en fin, à la secrétaire d’Etat, auprès du ministre de la Jeunesse et des Sports, chargée du sport d’élite, de mette à profit son expérience sportive mondiale réussie pour la détection des jeunes talents, dès l’école primaire, en vue de former une nouvelle génération d’élite sportive qui rendra au pays sa gloire d’antan en terme de performance mondiale en athlétisme, d’autant plus que l’Algérie abritera, en 2022, les Jeux méditerranéens. Soulignant que l’Algérie possède un énorme potentiel en énergie solaire qui lui permet d’être pionnier dans la production de ce type d’énergie propre, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad avait précisé que «c’est là la nouvelle orientation économique adoptée pour sortir de la dépendance absolue à la rente pétrolière». En matière de renouveau économique, le Premier ministre avait mis l’accent sur l’impératif de développer l’agriculture, l’industrie, la pétrochimie, le tourisme et l’économie de la connaissance et tous les secteurs générateurs de richesses, en tant que seul moyen pour «faire face aux défis qui nous sont imposés». Il a ajouté que le gouvernement s’attèlera à assainir l’héritage désastreux de la gouvernance des années précédentes par la mise en place de nouvelles pratiques ouvrant la voie à un changement politique et économique auquel aspire le peuple algérien. Le Premier ministre a souligné, à cet effet, que le nouveau pacte sera concrétisé à travers la triptyque développement humain, transition énergétique et économie de la connaissance et numérique. Le peuple algérien revendique un changement global du système qui est révolu et souhaite l’émergence de pratiques politiques saines et une véritable démocratie, ainsi qu’une gouvernance économique moderne et transparente, à même de prémunir le pays de la corruption, du népotisme et de la désinformation Djerad a relevé que l’Algérie a connu, au cours de ces dernières années, «une gestion catastrophique de l’Etat ainsi que des pratiques autoritaires ayant mené au pillage et à la dilapidation des richesses du pays et à la destruction systématique de ses institutions et de son économie dans le but d’accaparer ses biens». Il a précisé que ces pratiques ont entraîné «la marginalisation des compétences nationales, sincères et honnêtes, déstabilisant ainsi les fondements même de l’Etat, et menaçant l’unité du peuple». Le Premier ministre a affirmé que «cette réalité amère avait incité les Algériens, toutes franges confondues, à sortir le 22 février 2019 pour condamner et rejeter cette tentative d’affaiblir notre pays» et empêcher par la même que «cette situation ne se reproduise plus». Il avait, en outre, indiqué que le peuple algérien revendique «un changement global du système qui est révolu et souhaite l’émergence de pratiques politiques saines et une véritable démocratie, ainsi qu’une gouvernance économique moderne et transparente, à même de prémunir le pays de la corruption, du népotisme et de la désinformation». A ce titre, le gouvernement met en évidence, dans son plan d’action, une crise multidimensionnelle issue de «dérives successives» dans la gestion des affaires publiques et d’une «mainmise de forces occultes et extraconstitutionnelles sur les leviers de la décision politique», ayant eu pour conséquence une «corruption érigée en système de gouvernance» et faisant peser des «menaces majeures» sur la souveraineté nationale. La nouvelle politique économique et financière constituera, quant à elle, le fer de lance de l’action du gouvernement qui ambitionne, à travers le présent plan d’action, de créer les mécanismes pour la relance du développement et l’émergence d’une économie diversifiée, créatrice d’emplois et de richesses et libérée du carcan bureaucratique qui étouffe non seulement les entreprises mais qui bloque, également, la capacité de notre économie à croître durablement. D’autre part, un nouveau mode de gouvernance empreint de rigueur et de transparence, marquant une rupture radicale avec les anciens modes de gouvernance ayant conduit à de graves déviations et dérives, est prôné par le gouvernement. Ce nouveau mode de gouvernance prévoit notamment la refonte du dispositif législatif d’organisation des élections, la moralisation de la vie publique et la refonte de l’organisation et des modes de gestion de l’Etat et de ses démembrements. Le mode de gouvernance des institutions publiques, adopté jusque-là, a montré ses limites pour assurer aux citoyens les progrès sociaux, économiques et politiques à la hauteur des aspirations de la société.

Benslimane