En vue d’une sortie rapide de la crise dans le pays voisin: L’initiative de l’Algérie favorablement accueillie par les parties libyennes

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Le Gouvernement d’union nationale libyen a salué l’initiative de l’Algérie d’accueillir sur son territoire éventuellement un dialogue inter-libyen en vue d’une sortie rapide de la crise qui secoue ce pays voisin depuis 2011.

Intervenant, hier, sur les ondes de la Radio Algérienne, le porte-parole du ministère libyen des Affaires étrangères, Mohamed Al Kablaoui, a indiqué que le poids de l’Algérie et sa crédibilité sont à même de lui permettre de faire réussir ce dialogue. Il a ajouté que cette initiative a été accueillie favorablement par les différentes parties libyennes qui n’ont pas manqué de relever l’importance du rôle de l’Algérie, laquelle a toujours plaidé pour une solution pacifique de la crise libyenne, loin de toute ingérence étrangère. Ceci intervient au moment où le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a fait part, dimanche dernier, depuis la capitale allemande, de la disponibilité de l’Algérie à abriter le dialogue entre les frères libyens et son rejet catégorique de la politique du fait accompli en Libye. Intervenant devant les participants à la Conférence de Berlin sur la Libye, le président de la République a réitéré son appel à la communauté internationale d’assumer sa responsabilité en matière de respect de la paix et de la sécurité dans ce pays, affirmant que l’Algérie refuse toute atteinte à son intégrité nationale et à la souveraineté de ses institutions. «Nous sommes appelés à arrêter une feuille de route aux contours clairs, qui soit contraignante pour les parties, visant à stabiliser la trêve, à stopper l’approvisionnement des parties en armes afin d’éloigner le spectre de la guerre de toute la région», a indiqué Tebboune, appelant à encourager les parties libyennes à s’asseoir autour de la table pour résoudre la crise par le dialogue et les voies pacifiques et éviter ainsi des dérapages aux conséquences désastreuses. Apres avoir souligné que la région avait besoin d’une stabilité fondée sur la sécurité commune, il a réitéré l’attachement de l’Algérie au maintien de la région loin des ingérences étrangères, assurant que la sécurité de la Libye est le prolongement de «notre propre sécurité et le meilleur moyen de préserver notre sécurité régionale reste la coopération et l’entraide avec nos voisins pour faire face au terrorisme et à l’extrémisme». A cet égard, le président de la République a rappelé les efforts que l’Algérie n’a eu de cesse de déployer pour inciter les parties libyennes à adhérer au processus de dialogue, parrainé par les Nations unies et accompagné par l’Union africaine en vue de former un gouvernement d’entente nationale apte à gérer la transition et la réédification des institutions de l’Etat libyen pour relever les défis qui se posent au peuple libyen. L’Algérie a participé activement à divers niveaux à tous les efforts en faveur d’une solution politique à la crise libyenne, a-t-il encore soutenu, citant, dans ce cadre, son initiative, en mai 2014, pour la création du mécanisme des pays voisins de la Libye, qui a tenu sa première réunion à Alger, ainsi que les différents cycles de dialogue qu’elle a abrités depuis mars 2015 entre les dirigeants des partis politiques libyens dans le cadre des processus de dialogue, supervisés par l’ONU. Mettant en avant la position équidistante de l’Algérie dans le conflit, il a évoqué ses efforts pour le rapprochement des vues et l’établissement de passerelles de communication avec tous les acteurs en plus de ses appels incessants à faire prévaloir la sagesse et à favoriser le processus pacifique pour le règlement de la crise, option qui demeure la seule à même de garantir l’unité du peuple libyen et le respect de sa souveraineté, loin de toute ingérence étrangère, a-t-il affirmé. Les participants à cette conférence ont convenu de la mise en place d’un comité de suivi de la mise en œuvre des décisions prises lors de cette rencontre.

Il s’agit d’une démarche à même de consolider la trêve et le cessez-le-feu entre les forces du Gouvernement d’union nationale (GNA) et celles du maréchal Khalifa Haftar, a estimé la chancelière allemande. Précisant que le comité devrait entamer son travail à compter du 1er février prochain, elle a indiqué «nous avons parlé aujourd’hui d’une seule voix concernant les priorités dans ce dossier», avant de poursuivre «nous, les parties prenantes à cette conférence, nous estimons être près, plus que jamais, d’une solution en Libye». Au sujet de la non-participation directe des deux protagonistes, en l’occurrence Fayez Al Sarraj et Khalifa Haftar, en dépit de leur présence à Berlin,  Merkel a indiqué que «tant de désaccords entre les deux figures ont empêché leur participation à cette conférence, mais ils étaient à Berlin pour suivre de près le déroulement de la rencontre». De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis l’accent sur la nécessité pour toutes les parties de respecter les résolutions onusiennes liées au désarmement et au retour au processus politique. Trois principaux processus ont été décidés lors des travaux de cette conférence, le premier économique dont les contours seront fixés dans deux ou trois semaines. Il concerne plusieurs institutions économiques libyennes, dont la Banque centrale, les compagnies pétrolières et autres, a indiqué Gueterres. Le deuxième porte sur la mise en place d’une commission militaire composée de membres des deux parties, une démarche qui sera finalisée dans les jours à venir. Au plan humanitaire, le SG de l’ONU a réitéré la nécessité d’un engagement pour la protection des civils et le respect du droit international humanitaire.

  1. Benslimane