Eviter le pourrissement

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    Un imam pour désamorcer la crise qui secoue l’Education nationale et mettre ainsi fin à la grève des enseignants affiliés au syndicat Cnapest ? En recevant au siège du ministère, l’imam, la responsable du secteur semble adouber cette ultime solution. Mais que peut donc apporter comme remède une personnalité religieuse là où les portes officielles du dialogue demeurent fermées des deux côtés ? Le fait n’est pas inédit et au sujet d’un autre problème plus douloureux, celui des harraga, on a déjà eu recours à la religion et un imam a décrété la harga illicite. Haram! Cette manière d’appeler le cultuel à la rescousse ne traduit-elle pas l’incapacité de trouver une voie définitive de dialogue en vue de solutionner les problèmes auxquels sont confrontés les Algériens ? Il y a manifestement une partie qui s’entête dans ce conflit qui perdure et ce sont les élèves qui en payent les frais, faisant sortir de leurs gonds les associations des parents qui voient se profiler une année blanche. Mais alors si la situation reste en l’état, que faire ? Puisque les ponctions sur salaires n’ont pas dissuadé les grévistes à renoncer à leur mouvement, ni les menaces de radiation d’ailleurs. «Pourtant, une voie de sortie de crise devrait bien exister quelque part…», écrit un confrère. C’est dire que les autorités publiques ont opté pour d’autres voies plus pacifiques, ce qui explique le rassemblement des médecins en plein centre d’Alger alors que la capitale est depuis longtemps fermée à toute manifestation ou marche. Allons-nous vers l’instauration d’un véritable dialogue entre toutes les parties d’autant plus que personne ne souhaite le pourrissement d’une situation qui risque d’avoir de graves conséquences sur la stabilité du pays jusque-là épargné de tout mouvement subversif. Il reste que la médiation d’un imam n’y pourra rien car il ne s’agit pas d’un conflit moral, mais sociétal.