Évocation: La performance entre hier et aujourd’hui

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En ces temps de confinement où le sport, à l’instar d’autres activités, est mis entre parenthèse. L’actualité se raréfie et se concentre principalement sur la crise sanitaire qui ébranle le monde actuellement.

C’est tout à fait normal compte tenu de l’ampleur et du danger que représente l’épidémie du nouveau coronavirus (Covid-19). D’ailleurs, beaucoup estiment inapproprié et inadéquat de traiter d’autres sujets qui n’ont pas de relation directe avec ce fléau. Mais la vie doit continuer en dépit de l’heure grave que l’on traverse. Parler d’autre chose est une forme de résistance et de résilience. Le spectacle doit continuer en toutes circonstances, même s’il s’agit en ce moment de se rappeler les exploits de nos sportifs du passé. Un filon qu’exploite à bon escient la télévision publique en rediffusant les grands moments de gloire qu’a connus le mouvement sportif national. Une halte salutaire riche en enseignements en matière de comparaison entre la performance d’hier et celle d’aujourd’hui. Une manière aussi de meubler le vide sidéral laissé par l’arrêt brutal de toutes les manifestations sportives. Il y a quelques jours, les anciens ont eu le plaisir de redécouvrir la mythique finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions, ancêtre de la Ligue des champions actuelle, entre le MCA et Hafia Conakry, un soir de décembre 1976 où il faisait un froid de canard au stade du 5-Juillet. Une soirée mémorable non seulement pour les fans du MCA, mais pour tout le peuple algérien. A l’époque, il faut le rappeler, il n’y avait pas cette fracture et cette animosité entre supporters, que l’on peut constater aujourd’hui. Il n’y avait pas que des Mouloudéens dans les tribunes.

Les Algériens étaient venus des quatre coins du pays pour soutenir les Betrouni et consorts dont la tâche était colossale. Il fallait en effet remonter un retard de trois buts concédés au match aller à Conakry, dans des conditions infernales, qui plus est, face à l’une des meilleures formations du continent de l’époque. Mais pour un coup d’essai, les Vert et Rouge ont réussi un coup de maître pou leur première participation à une joute continentale. Ils ont remporté le premier trophée africain dans l’histoire du football algérien. Un succès qui a décomplexé nos clubs et ouvert la voie à d’autres équipes pas seulement algériennes, mais aussi nord-africaines. Pour l’anecdote, Abdelkader Drif, le président du MCA de l’époque, nous racontait qu’en engageant son club dans l’épreuve africaine, beaucoup l’ont traité de fou. Personne ne croyait le Mouloudia en mesure d’aller au bout de la compétition. D’ailleurs, on avait laissé le club se débrouiller tout seul tout au long des qualifications. Le soutien était timide de la part de la Fédération et des instances sportives. Mais à cœur vaillant rien d’impossible. Ce qui est aussi frappant en visionnant de nouveau cette fameuse finale, c’est la discipline et le fair-play exemplaires des joueurs mouloudéens sur le terrain. Malgré l’enjeu, la pression et le grand handicap au niveau du score, il n’y a eu aucune protestation envers l’arbitre, ni un geste déplacé vis-à-vis de l’adversaire qui essayait pourtant de gagner du temps. Un comportement qui tranche avec celui des joueurs contemporains. L’on comprend dès lors pourquoi cette génération est irremplaçable dans le cœur des puristes.

Ali Nezlioui