FAF: Changer le système de compétition, est-ce la priorité ?

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A défaut de pouvoir changer les mentalités dans le milieu footballistique, le président de la FAF Kheireddine Zetchi et son équipe proposent de changer le système de compétition à tous les niveaux.

Une correspondance a été transmise dernièrement dans ce sens à toutes les Ligues, « leur demandant de réfléchir sur la composante pyramidale du système des compétitions nationales qui définira également le nouveau processus de relégation et de d’accession », révèle la LNF dans son dernier communiqué. Le projet devrait être soumis pour approbation lors de la prochaine assemblée générale extraordinaire de la FAF prévue en septembre prochain. Visiblement, le premier responsable de la fédération veut bousculer l’ordre établi en proposant une alternative à l’actuel système de compétition en vigueur. Il a certainement une idée derrière la tête, même si au préalable il veut  associer toutes les Ligues à son projet. Ces dernières connues pour être des partisanes du moindre effort vont certainement lui laisser tout le loisir de décider à leur place des changements qu’il compte mettre en place. Faut-il s’attendre à une révolution dans ce domaine ? Pour le moment, on ne sait pas quelles sont les véritables motivations de Kheireddine Zetchi et ses desseins. Mais une chose est sûre, cela ne va pas remettre le football sur les bons rails, car le mal est ailleurs. En se focalisant sur le système de compétition, occulte les véritables problèmes qui freinent l’évolution de la discipline.Pourtant il apparait clair que le football chez nous traverse avant tout une grave crise morale le condamnant à être l’otage d’une frange de dirigeants sans foi ni loi ayant complètement bafoué, depuis des années, pour ne pas dire des décennies, l’éthique et la notion du sport dans son sens noble du terme. Leur implacable règne, sous l’œil complaisant, voire encourageant des pouvoirs publics, a déteint immanquablement sur tout le milieu n’épargnant aucun acteur de la balle ronde. Les scènes désolantes et affligeantes auxquelles l’on assiste pratiquement tous les week-ends est la résultante de l’incurie et de la chienlit qui se sont bien ancrées dans les mœurs, mais aussi dans les subconscients. Une nouvelle culture du football s’est insidieusement développée aux antipodes de ce qui se pratique sous d’autres cieux. A comparer, l’on a l’impression qu’il existe deux mondes différents entre ce qui se pratique chez nous avec ce que l’on voit ailleurs. Vit-on sur une autre planète ? Il faut reconnaitre qu’en Algérie, les mentalités sont restées figées au moment où tout le monde a évolué, même ceux que l’on raillait par le passé. Le sport est sorti de son contexte pour devenir une question de vie ou de mort. La régression et l’ignorance nourrissent désormais l’hystérie collective et encouragent le régionalisme, la tricherie et la violence. On oublie du coup qu’on est à la traine. C’est à ces maux rampants que les responsables du football doivent s’attaquer en priorité au lieu de panser une jambe en bois. Mais pour ce faire, il faut des hommes vertueux, compétents et surtout visionnaires. Une espèce hélas en voie de disparition. C’est tout le drame du football algérien.

Ali Nezlioui