FAF: La dette embarrassante et pesante des clubs

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Les sommes d’argent astronomiques englouties dont on parle actuellement ne concernent pas seulement la sphère politique du pays. Le milieu footballistique en a également profité en dilapidant sans retenue, ni commune mesure, les deniers publics avec la complicité, il est vrai, des autorités à tous les niveaux.

Les clubs n’hésitaient pas aussi à s’endetter jusqu’au cou en pensant que cet argent sera remboursé d’une manière ou d’une autre par les pouvoirs publics. Une fuite en avant qui met aujourd’hui leur avenir en péril. Jouant pour une fois la transparence, la FAF a révélé, dimanche, sur son site officiel le montant faramineux des salaires impayés cumulé au 1er décembre 2019 est qui est «de plus de 698 millions de dinars (soit plus de 69,8 milliards de centimes) répartis en : 172 MDA pour 7 clubs de la Ligue 1 et 526 MDA pour 15 autres de la Ligue 2». Rien que ça ! Le communiqué précise par ailleurs qu’il ne s’agit que des salaires impayés des joueurs. On n’évoque pas les autres dettes cumulées avec les fournisseurs et autres prestataires de services. Dans un autre pays qui se respecte, ces clubs seraient considérés en faillite et contraints à mettre la clé sous le paillasson ou du moins mis en redressement. Mais chez nous, l’on ne peut faire rétrograder la moitié des équipes, voire plus comme c’est le cas des pensionnaires de la Ligue 2 dont 15 sont déclarés en faillite. L’on se demande dès lors comment la FAF pourrait redresser cette situation alarmante. D’autant que les dirigeants des clubs mettent une pression terrible sur la FAF et la Ligue pour les autoriser à recruter encore lors du prochain mercato hivernal qui s’ouvre ce 19 décembre, malgré leurs dettes colossales. Ils sont allés jusqu’à menacer de faire grève, s’ils n’obtiennent pas ce qu’ils revendiquent. Décidément, il y a des mauvais réflexes qui ont la peau dure. Cela dit, si la Fédération a pondu ce communiqué en ce moment bien précis, c’est pour s’en laver les mains. En précisant que «qu’à travers la CNRL, elle ne fait qu’appliquer la règlementation en vigueur, notamment, les circulaires 1625 et 1628 de la FIFA, relatives aux paiements des salaires des joueurs». L’on se dirige donc inéluctablement vers un bras de fer entre les clubs de la Ligue 2 et la FAF. Les observateurs ne voient comment on peut dénouer cette crise, sans l’intervention encore une fois des autorités du pays. Comme cela a toujours été le cas dans pareille situation, on va recourir à la planche à billets pour éponger les dettes.

D’autant que l’on ne voudrait pas qu’il y ait du grabuge à l’approche des élections présidentielles. On guérit en quelque sorte, le mal par le mal. Ce n’est pas une nouveauté d’ailleurs. Si la situation de nos clubs est devenue invivable aujourd’hui, c’est justement à cause de l’immixtion et l’ingérence étouffantes de l’Etat dans les affaires du football. C’est une constante depuis pas mal de temps et elle ne semble pas vouloir changer de sitôt.

Ali Nezlioui