FAF: La leçon tunisienne

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Image processed by CodeCarvings Piczard ### FREE Community Edition ### on 2020-02-13 11:49:11Z | |

La polémique née entre l’Algérie et la Tunisie suite à la plainte déposée par la FAF au niveau de la Fifa contre son homologue tunisienne résume on ne peut mieux l’anachronisme dans lequel se morfond le football algérien. Et ça ne semble pas s’arranger avec les années, ni avec le changement des équipes dirigeantes.

N’ayant aucun moyen de stopper  l’exode massif des joueurs locaux  vers le championnat tunisien et sous la pression des clubs, la Fédération, en désespoir de cause, a eu recours à l’instance internationale pour lui venir en aide. Seulement ses arguments sont minces comme un fétu de paille que le président de Fédération tunisienne a balayé sans sourciller. «Cette plainte ne va rien changer à la donne, surtout que nous n’avons pas l’habitude de gérer ce genre de différend de cette manière. Je suis surpris de cette plainte déposée contre nous. D’autant que c’est un sujet qui concerne la Tunisie et le football tunisien. La FAF avait bel et bien signé cet accord au sein de l’UNAF et la Fifa ne peut pas être contre la libre circulation des joueurs, comme c’est le cas d’ailleurs au sein de l’Union européenne», a rétorqué Wadii Jari, le président de la FTF. Pourtant en Tunisie aussi  des voix  s’élèvent pour dénoncer l’arrivée en masse chez eux des footballeurs algériens. Jari ne s’inquiète pas outre mesure, estimant que si un joueur tunisien ne peut pas s’imposer devant la concurrence, comment peut-il alors prétendre à une place en sélection. Sa Fédération s’apprête néanmoins à obliger les clubs à aligner au moins 5  joueurs tunisiens lors des matches locaux. Un règlement qui entrera en vigueur dès la saison prochaine.  Mais en aucun cas, la Fédération ne va contraindre les clubs à limiter leur recrutement à l’étranger, notamment en Afrique du Nord.On aurait souhaité avoir ce genre de dirigeants chez nous qui ont du recul, tout en sachant s’adapter aux différents changements et évolutions pour en tirer profit. Ça nous change en tout cas de la gestion approximative et intempestive de FAF, engendrant souvent des solutions radicales improductives et préjudiciables à notre football. C’est sans doute ce qui fait la différence.Il faut dire aussi qu’en Tunisie, pour prendre l’exemple de ce pays voisin, les clubs bénéficient d’une plus grande considération et d’un respect que l’on ne possède pas chez nous. Chez nous, on n’hésite pas à priver une équipe de l’exploitation d’une nouvelle infrastructure sous prétexte que celle-ci est réservée aux «grands» matches et aux grandes manifestations sportives. Cela s’apparente à du mépris. Ce qui ajoute à la dépréciation de notre championnat et lui enlève de sa crédibilité. C’est peut-être une question de culture que l’on ne possède pas encore.

Ali Nezlioui