FAF: Que fera Zetchi ?

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N’ayant pas obtenu l’autorisation de la Tutelle d’organiser une Assemblée générale extraordinaire, la FAF est contrainte de se contenter d’une consultation tous azimuts avant de sceller le sort de la saison en suspens.

Au-delà de sa légalité ou pas, il était évident au demeurant qu’une AG «normale» ne pouvait en aucun cas se tenir en cette période sanitaire alarmante. La restriction des déplacements inter-wilayas, l’interdiction des regroupements dans des endroits confinés, la proposition du Bureau fédéral de la FAF était condamnée inexorablement avant même que le MJS ne se prononce sur le sujet. Kheireddine Zetchi ne pouvait l’ignorer. Il voulait juste savoir où le mènerait son jusqu’au-boutisme ?  Vers une confrontation directe avec le ministère qui n’a pas tardé à sortir les griffes en rappelant sévèrement à l’ordre la Fédération. Il n’y a plus de place aux faux semblants, ni pour sauver les apparences, la guerre est bel et bien déclarée. D’ailleurs, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Sid Ali Khaldi, dans son hommage rendu, hier à l’équipe nationale, qui fêtait le premier anniversaire de son sacre africain, n’a pas eu un mot pour la Fédération. C’est dans la continuité du mépris affiché par les autorités du pays au président de la FAF. L’on se rappelle que l’année dernière, Zetchi a été le grand absent de la cérémonie organisée par la présidence en l’honneur de l’équipe nationale. Zetchi est-il isolé pour autant ? Pas complètement, car il compte sur le soutien des  dirigeants des clubs pour au moins terminer son mandat, sachant par ailleurs qu’il a peu de chances de pouvoir briguer un deuxième mandat. Qu’à cela ne tienne, il ne compte pas sortir par la petite porte. En accordant le droit aux membres de l’AG de décider du sort du championnat, il espère gagner ainsi leur sympathie. Parmi les trois propositions arrêtées par le bureau fédéral, en cas d’arrêt du championnat ce qui semble inéluctable, les dirigeants ont apparemment déjà fait leur choix. Pour rappel, ils ont la possibilité de déclarer la saison blanche,  la validation des résultats à la dernière journée disputée avec accession et relégation ou bien, et c’est la plus intéressante pour eux,  la validation des résultats avec accession mais sans relégation à tous les paliers.  L’on s’achemine vraisemblablement vers cette solution qui arrange pratiquement tout le monde, impliquant nécessairement le changement du système de compétition. La FAF veut ainsi mettre le MJS devant le fait accompli et le forcer à accepter le choix des clubs, même s’il est illégal. Dans ce bras de fer, les manœuvres sournoises ne manqueront pas. Quel sera la position du ministère dans ce cas ? Jusqu’à présent, la tutelle a toujours pris le parti de la légalité. Va-t-elle poursuivre dans cette voie en annulant les décisions de la FAF ? Il y a de fortes chances que ce soit le cas, ce qui engendrera probablement une crise sans précédent. L’on ne souhaite pas en arriver là, car c’est le football qui en pâtira.

Ali Nezlioui