Fermeture de mosquées en France : Une « punition collective », dénonce un  rapport de l’ADM

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A man enters the As Sounna mosque on December 1, 2017 in Marseille. The prefecture of police of the Bouches-du-Rhone region has ordered the closing of an important mosque in the centre of the city of Marseille for six months, citing radicial preaching by a salafist imam. / AFP PHOTO / BORIS HORVAT

 

Action droits des musulmans (ADM)  a dénoncé dans un rapport la fermeture, depuis fin 2017, de sept mosquées  en France qu’elle considère comme une « punition collective ».

Ces décisions administratives de fermeture, rappelle-t-on, se sont  intervenues dans le cadre de la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, promulguée le30 octobre 2017. Elle institue des mesures de prévention contre le terrorisme, comme les  périmètres de protection, les assignations individuelles à un périmètre géographique, ou des perquisitions. A cet effet, le rapport de l’ADM dénonce des procédures « opaques et injustes » qui font l’amalgame entre les terroristes et l’ensemble des  musulmans. L’association dénonce également la discrimination et la stigmatisation induites par les fermetures administratives de mosquée au nom de la lutte contre le terrorisme, notant que dans le cadre de cette loi, seules des mosquées ont été fermées. « Les différents plans de prévention sont orientés spécifiquement vers les  musulmans pratiquants. ADM ne cesse de dénoncer ce traitement discriminatoire, comme le confirme le bilan de prévention de la radicalisation qui recense 4 écoles musulmanes et 7 lieux de culte fermés et des commerces musulmans, ainsi que l’expulsion de 300 étrangers », précise le rapport, soulignant que ce traitement « spécifique » en raison de  l’appartenance religieuse « démontre la discrimination à l’égard des musulmans dans la lutte contre le terrorisme (état d’urgence permanent) ». Pour cette association, l’amalgame alimente les discours racistes antimusulmans, en raison d’un « manque de discernement et de vision politique à moyen terme », déplorant des « erreurs d’analyse » sur l’extrémisme violent avec la concentration des ressources des  renseignements sur les musulmans pratiquants, « alors qu’ils n’ont rien à voir avec le terrorisme ». Elle estimé qu’il est « impératif » de revoir la politique de prévention de la radicalisation, de lutter contre toutes les formes d’extrémisme violent, de cesser de confondre islam et terrorisme et d’amalgamer musulmans et terroristes. « Les autorités doivent protéger la liberté de culte et de conscience,  lutter contre la discrimination et les discours haineux sous toutes ses formes, y compris ceux ciblant les musulmans », a-t-elle ajouté.

Bouaziz. S