Fidèles à leur rendez-vous hebdomadaire: Les étudiants réclament le départ du gouvernement et rejettent le dialogue avec les symboles de l’ancien  système

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Le mouvement estudiantin ne faiblit pas et semble déterminé à aller jusqu’au bout de ses revendications qui sont celles du hirak populaire en général.

Et pour cause, hier des milliers d’étudiants ont été fidèles à leur rendez-vous hebdomadaire pour réitérer leur appel au départ de tous les symboles du régime de Bouteflika et au jugement de tous les corrompus qui ont dilapidé et pillé les richesses du pays et détourné les deniers publics. Les étudiants qui ont sillonné les principales artères de la capitale, ont scandé des slogans hostiles au gouvernement de Bedoui, revendiqué son départ et exprimé leur rejet à tout dialogue avec les personnalités qui se sont impliqués dans l’ancien système. Cette nouvelle journée de mobilisation intervient au moment où l’instance de dialogue et de médiation s’apprête à organiser une rencontre avec les représentants des organisations estudiantines dans le cadre des consultations qu’elle est en train de mener en vue de trouver une issue à la crise politique qui secoue le pays. Selon une source proche de l’instance, cette rencontre devrait permettre aux représentants des étudiants au sein du hirak d’exprimer leurs points de vue par rapport à la situation que connait le pays et préconiser les solutions envisagées pour une sortie de crise. Le coordinateur de l’instance, Karim Younes, avait réitéré son attachement aux mesures d’apaisement réclamées par l’Instance de dialogue, dont la libération des détenus politiques et la fin des pressions sur les médias. Karim Younes a déclaré que les personnalités composant le panel ont fait savoir que leur participation à cet effort collectif pour sortir de cette crise découlait de leur engagement devant la nation et au peuple, soulignant que le dialogue national était le seul moyen à même de garantir une issue pacifique à la hauteur des aspirations des Algériens. Il a indiqué dans ce sens, que « nous insistons, en tant que commission, sur le fait que ce dialogue doit intervenir en réponse aux revendications légitimes du peuple, sorti manifester pour revendiquer une Algérie démocratique et nouvelle. Ces personnalités ont tenu à souligner qu’elles n’étaient pas représentantes du Hirak populaire, ni ses porte-parole, affirmant avoir accepté cette mission en toute liberté. L’Instance avait souligné auparavant que toutes les plateformes et propositions présentées dans le cadre d’efforts visant le règlement de la crise politique que traverse le pays constitueront « des feuilles de route principales » dans l’élaboration de la mouture à soumettre à la Conférence nationale prévue au terme des rounds de dialogue. Elle a précisé que toutes ces plateformes et propositions constitueront des feuilles de route principales qui serviront de référence à l’Instance dans l’élaboration de la mouture qu’elle soumettra, après consultations des acteurs de la société civile, à la Conférence nationale prévue au terme des rounds de dialogue. Lors de cette réunion, il a été procédé à l’installation de comités de travail et à la définition de leurs missions et membres, en sus de la création d’un comité de sages regroupant toutes les personnalités et experts ayant accepté d’adhérer à cette Instance, et ce en tant que commission consultative, sollicitée par l’Instance et ses différents comités dans l’accomplissement de leurs missions. L’Instance confirme ainsi son rôle de médiateur pour rapprocher les vues des différents acteurs lors de la conférence nationale, notamment en ce qui a trait à la loi organique portant régime électoral et la loi portant création d’une autorité nationale indépendante chargée de l’organisation de la Présidentielle.

L’Instance avait affirmé récemment que les mesures qu’il avait annoncées, seront prises en compte dans les recommandations du dialogue, soulignant que l’intérêt du pays « passe avant tout ».

L’Instance a décidé d’entamer dans l’immédiat l’organisation de rounds de dialogue avec tous les acteurs de la scène politique, de la société civile et des personnalités nationales, annonçant sa pleine disponibilité à accueillir les propositions des acteurs du hirak populaire au niveau de toutes les wilayas. L’Instance avait affirmé récemment que les mesures qu’il avait annoncées, seront prises en compte dans les recommandations du dialogue, soulignant que l’intérêt du pays « passe avant tout ». Elle avait également salué les personnalités nationales qui ont répondu favorablement à l’appel « dans cette conjoncture difficile, par conviction et sens de responsabilité », précisant que les noms de ces personnalités seront annoncés ultérieurement. Récemment,  le général de corps d’Armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’Etat-major de l’ANP, a valorisé les efforts de l’instance nationale de médiation et de dialogue dans sa mission et encouragé ses initiatives visant à accélérer la tenue des phases du dialogue et la prise de toutes les mesures menant à la concrétisation de l’objectif escompté. « Un dialogue constructif à même d’offrir les solutions appropriées et de créer les conditions idoines pour se diriger vers les présidentielles et les organiser le plutôt possible. Des présidentielles qui passent impérativement par l’installation diligente de l’instance nationale indépendante pour la préparation, l’organisation et la surveillance des élections présidentielles comme extrême priorité dans le processus du dialogue national », a-t-il soutenu. Gaïd Salah a rappelé, par la même occasion, les positions immuables de l’ANP quant à son attachement au cadre constitutionnel pour résoudre les problématiques de la phase actuelle, en tant que garantie essentielle pour sauvegarder l’Etat et ses institutions, et la nécessité d’adopter la voie du dialogue sérieux à même de présenter des solutions adéquates et créer des conditions favorables à des élections présidentielles, qui seront organisées dans les plus brefs délais. « A cet effet, je voudrais rappeler les positions que nous avons affichées clairement et à plusieurs occasions, affirmant à chaque fois que nous n’avons aucune ambition politique que celle de servir la patrie et veiller à garantir sa sécurité et sa stabilité », a affirmé le général de corps d’Armée. Il a précisé que « c’est pour cela que nous insistons à chaque fois sur la nécessité de rester attachés au cadre constitutionnel pour résoudre les problématiques de la phase actuelle, considérant que c’est la garantie fondamentale, voire l’unique garantie pour préserver l’Etat et ses institutions ainsi que pour éviter de tomber dans l’écueil du vide constitutionnel et de glisser dans des conséquences désastreuses ». « Cette détermination émane essentiellement de nos convictions bien ancrées en ce principe précieux dont nous ne dévierons jamais. En effet, l’Algérie, legs des Chouhada, a connu à travers son long parcours de combat et de militantisme, de nombreuses épreuves et adversités, tant les actes barbares et de dévastation commis par le colonialisme abject à l’encontre de son peuple, que les drames et tragédies perpétrés par le terrorisme odieux, ou même les actes de pillage, de malversation et de dilapidations des potentiels de la nation commis par la bande », a-t-il dit. »En effet, l’Algérie, ce pays cher à nos cœurs, grand par ses braves hommes intrépides et sa glorieuse histoire, ainsi que grâce à ses potentiels disponibles, ses multiples réalisations et son avenir prometteur, n’est pas un jouet entre les mains des aventuriers. Et nous nous attelons, au sein de l’ANP, en permanence et avec une grande vigilance, à la défendre et la préserver, et resterons aux aguets face à quiconque qui tenterait de porter atteinte à sa stabilité, sa sécurité, sa réputation et sa renommée », a souligné le général de corps d’Armée. Dans le même sillage, « nous avons souligné, depuis le début de la crise, la nécessité d’adopter la voie du dialogue, qui constitue la meilleure issue pour converger les points de vue et mener le pays vers un havre de paix, pourvu que ce dialogue soit mené dans un climat empreint de bonne intention, de sincérité et d’honnêteté, conduit par des personnalités nationales sincères, crédibles et compétentes, qui croient réellement en le dialogue et œuvrent à le faire réussir, n’attendant aucune récompense ou remerciement, mettant en avant l’intérêt suprême de la patrie et se démarquant des préalables qui entravent le processus de dialogue, car nous avons foi dans le dialogue sérieux aux objectifs bien définis, nous le saluons et le soutenons », a-t-il ajouté.

T. Benslimane