Fiscalité : L’économie informelle avoisine les 50% du tissu économique en Algérie

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De « nombreuse catégories » échappent à l’impôt en Algérie, dont les redevances représentent presque « le double » du budget de l’Etat, a indiqué hier, lundi le président de l’Association nationale des  conseillers fiscaux, Boubekeur Sellami. 

« Nous avons une pression fiscale très importante, mais elle ne touche qu’une partie de la population. Il y a de nombreuses catégories qui  échappent à cette fiscalité », a-t-il indiqué sur les ondes de la radio  nationale.  Parmi ces catégories, M. Sellami a cité notamment le secteur informel, les entreprises dissoutes, les contribuables non localisés, qui, a-t-il relevé, représentent un recouvrement avoisinant les « 12.000 milliards de dinars,  soit presque le double du budget de l’Etat ». « L’inégalité devant l’impôt est la cause essentielle de l’immigration vers l’informel. C’est important, car nous avons actuellement une population de l’informel qui avoisine les 50% du tissu économique », a-t-il mis en garde. Pour pallier à cette situation, M. Sellami a recommandé un « élargissement »  de l’assiette fiscale, ainsi qu’une simplification du système fiscal  national pour tenter d’attirer l’informel vers le formel. Il a, par ailleurs, fait savoir que le taux de recouvrement fiscal en Algérie oscillait entre 8 et 9% et pas davantage. Pour le président de l’Association nationale des conseillers fiscaux, c’est la crise économique  engendrée en 2014 par une chute des prix de pétrole, qui avait confirmé que le système fiscal économique national  demeurait dépendant aux hydrocarbures, ce qui constitue, a-t-il dit, « un grand problème ». Il a, dans ce sens, déploré l’inexistence d’une stratégie fiscale, au titre des différentes lois des finances appliquées depuis 2014. « A compter de 2014, nous n’avons pas vu l’élaboration d’une stratégie fiscale à travers les lois des finances. Il y a eu uniquement une révision des taux d’imposition, mais ça ne répond pas à une crise (financière) qui a duré plus de cinq ans », a-t-il soutenu. En principe, a-t-il poursuivi, la loi de finances pour l’année 2020 « doit corriger cette ligne, donc pouvoir enfin passer d’une fiscalité basée sur les hydrocarbures à une fiscalité ordinaire ».

Y.D