FMI: Salaire minimum, son instauration peut être bénéfique comme néfaste sur les  travailleurs

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 L’instauration d’un salaire minimum, selon qu’il  soit élevé ou bas, peut avoir un effet négatif comme il peut avoir un effet positif sur les employés, stipule une analyse publiée sur le site web du Fonds monétaire international (FMI), qui se penche sur le niveau optimal auquel il devrait être établi.

Dans une analyse établie par l’économiste principal au département Asie et  Pacifique du FMI, Piyporn Sodsriwiboon et l’économiste principal au  département Afrique du FMI, Gabriel Srour, il est question de dresser des  conclusions des différentes études menées sur les effets de l’instauration  d’un salaire minimum.  Pour des raisons morales, sociales et économiques et principalement pour  accroître les revenus des travailleurs au plus bas de l’échelle et  d’améliorer leurs conditions de vie tout en réduisant les inégalités et en  favorisant l’intégration sociale, il est justifié l’instauration d’un  salaire minimum fixé en général par les pouvoirs publics et révisé  régulièrement en consultation avec les organisations patronales et  syndicales, est-il noté dans la publication. Certains pays, comme la France, déterminent un minimum universel pour  l’ensemble de l’économie, tandis que d’autres, l’Afrique du Sud et la  Nouvelle-Zélande, par exemple, établissent une distinction entre les  différents secteurs et catégories de travailleurs.  Les opposants au salaire minimum estiment que celui-ci est  contre-productif, car il perturbe le marché du travail, préconisant alors  d’autres mesures, plus ciblées et créant moins de déséquilibres, peuvent  permettre d’assurer une aide sociale, soulignent les deux économistes. Premièrement, il est possible que les employeurs n’appliquent pas la  législation relative au salaire minimum dans les pays où l’économie  informelle est omniprésente, les employeurs versant souvent, par exemple, à  leurs salariés des compléments de salaire officieux (paiements par  enveloppe) pour échapper à l’impôt et aux cotisations sociales.  Selon les auteurs de l’analyse, dans de telles circonstances, l’employeur  peut réagir à une hausse du salaire minimum en réduisant ces compléments,  ce qui, au bout du compte, maintient inchangée la rémunération de ses  salariés.  Il peut également déclarer un chiffre inférieur au nombre d’heures  effectivement travaillées par ses salariés, qui ne voient donc pas leur  rémunération totale augmenter, ou bien déclarer qu’il ne compte pas de  salarié du tout et ainsi se soustraire complètement à la législation en la  matière. Deuxièmement, continuent les économistes, même lorsque les normes  régissant le salaire minimum sont pleinement respectées, un supplément de  rémunération peut faire l’objet de lourdes cotisations sociales et d’une  forte imposition du travail, ce qui en réduit l’incidence sur le salaire  net.

La hausse du salaire minimum peut induire des licenciements

 Enfin, pour réduire leurs coûts, les employeurs peuvent compenser une  hausse du salaire minimum par une réduction des prestations, du temps de  travail ou des effectifs. Ainsi, les effets potentiels du salaire minimum sur l’emploi sont au cœur  du débat sur ce dispositif et restent un sujet de désaccord vu que d’un  côté, sur les marchés concurrentiels, si un salaire minimum est appliqué et  hisse les rémunérations au-dessus des niveaux en vigueur, certaines  entreprises refuseront de verser un salaire plus élevé et licencieront des  travailleurs.  Par ailleurs, ils soulignent que les travaux de recherche menés pendant  des décennies n’ont pas mis fin au débat, de nombreux travaux ne  parviennent pas à des conclusions claires. Cela dit, un consensus semble se dessiner sur le fait qu’un salaire  minimum établi à un niveau modéré a une incidence légèrement négative sur  l’emploi. Des études récentes montrent généralement qu’une augmentation du salaire  minimum a des effets presque nuls sur l’emploi, bien que les groupes les  plus vulnérables, notamment les jeunes travailleurs et les employés les  moins qualifiés, puissent faire les frais de cette augmentation.  Tandis que des études empiriques révèlent que les hausses du salaire  minimum ont tendance à réduire les disparités de salaire, mais uniquement  si elles s’inscrivent dans une action globale en faveur d’une réduction  massive de la pauvreté. Ainsi, les résultats obtenus à la suite de l’instauration d’un salaire  minimum ont toutefois des limites s’il est établi à un niveau trop élevé,  il peut alors être à l’origine de nombreuses pertes d’emploi et avoir ainsi  des répercussions néfastes sur les équilibres économiques, creusant ainsi  les inégalités à mesure que des travailleurs à faible revenu perdent leur  emploi.  En outre, une hausse du salaire minimum peut entraîner une revue à la  hausse de l’ensemble de la structure salariale, laquelle reproduit alors  les mêmes disparités de rémunération, car les entreprises veulent que leurs  salariés les plus productifs soient mieux rémunérés. « Admettons qu’un salaire minimum bas est bénéfique et qu’un salaire  minimum élevé est néfaste : quel est donc le niveau optimal auquel il  devrait être établi ? « , s’interrogent les deux économistes qui précisent  que peu d’études traitent directement de cette question. Le peu d’études qui abordent le sujet, continuent-ils,  fixent le niveau  idéal entre 25 % et 50 % du salaire moyen.  Ils préconisent alors que « dans la pratique, le salaire minimum devrait  être instauré en faisant en sorte que la croissance économique continue  d’être conforme aux gains de productivité, ce qui laisse à penser que les  modalités de son instauration ne devraient pas être confiées à des  responsables politiques, mais à des experts indépendants ».

N.I