FMI: Une contraction de 3,3% des économies de la région MENA attendue en 2020

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L’économie de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena) devrait se contracter de 3,3% en 2020, à cause du Covid-19, mais aussi de la chute des prix du pétrole, selon le rapport du FMI sur les perspectives de l’économie mondiale publié mardi.

La région Mena, qui comprend tous les pays arabes et l’Iran, connaîtrait ainsi sa plus faible performance économique depuis plus de quatre décennies. En 1978, elle avait connu une contraction de 4,7%, selon les données de la Banque mondiale. La crise financière mondiale de 2008-2009 n’avait pas entraîné de récession au niveau de la région, qui avait alors au contraire connu une légère croissance. A l’exception de l’Egypte, tous les autres pays arabes, avec en tête l’Arabie saoudite, poids lourd de la région et de l‘Opep, verront leur économie s’enfoncer cette année, selon le FMI. «La détérioration rapide des perspectives économiques mondiales due à la propagation de l’épidémie, et la rupture de l’accord entre pays producteurs de pétrole ont pesé lourdement sur les prix des matières premières», souligne le Fonds. Le rapport du FMI a été élaboré avant un nouvel accord, finalement conclu dimanche, entre membres de l’Opep et autres pays pétroliers non membres pour réduire la production de 9,7 millions de barils par jour, afin de soutenir les prix et faire face à la chute de la demande. De mi-janvier à fin mars, les prix du pétrole ont chuté de 65% et ceux du gaz naturel de 38%, selon le rapport. Le FMI prévoit un prix du baril inférieur à 45 dollars jusqu’en 2023, soit 25% de moins que son prix moyen en 2019. La pandémie de Covid-19 a elle aussi un impact économique négatif sur les pays arabes, qui ont signalé plus de 20 000 cas de contamination et plus 700 décès. Pour empêcher la propagation de la maladie, ils ont pris des mesures draconiennes, fermant des frontières, imposant des couvre-feux et isolant des régions entières. Et des années de conflits sanglants dans des pays comme la Syrie, le Yémen, l’Irak et la Libye pèsent également sur ces économies. «Ces développements devraient peser lourdement sur les exportateurs de pétrole», relève le FMI, soulignant que la baisse des prix du baril profitera aux pays importateurs de pétrole. Première de la région, l’économie saoudienne a connu une croissance de seulement 0,3% en 2019, et devrait se contracter de 2,3% cette année, selon le FMI. L’économie des Emirats arabes unis devrait connaître une contraction de 3,5% et celle du Qatar de 4,3%. Deuxième de la région Mena, l’économie de l’Iran, pays parmi les plus touchés au monde par la pandémie, devrait se contracter de 6,0% en 2020. En 2018 et 2019, elle avait reculé de 3,6% et de 7,6%, respectivement. Au Liban, pays en défaut de paiement, l’économie devrait connaître une contraction massive de 12%, tandis que l’Irak, deuxième producteur de l’Opep, devrait être en territoire négatif avec -4,7%. Seule l’Egypte devrait rester dans le vert avec une croissance de 2%, bien inférieure aux 6% prévus avant que le coronavirus ne frappe. L’économie de la région Mena, qui n’a connu qu’une croissance de 1% l’année dernière, devrait rebondir de 4,2% en 2021, prévoit le rapport du FMI. Le FMI a tenu à souligner que ses prévisions de croissance sont «extrêmement incertaines» car les retombées économiques de la pandémie dépendent de facteurs difficiles à prévoir.

  1. M.S.