Front El Moustaqbal: « Le dialogue, unique moyen susceptible d’assurer le dénouement de la crise  politique » souligne Abdelaziz Belaïd

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 Le président du Front El Moustaqbal,  Abdelaziz Belaïd, a affirmé hier à Aïn Defla que le dialogue constituait  l’unique moyen susceptible d’assurer le dénouement de la crise politique dans laquelle se débat le pays, appelant « à mettre l’Algérie au-dessus de  tout autre considération ».

« Sans un dialogue responsable, empreint de sérénité et qui mettrait l’Algérie au-dessus de tout autre considération, la sorite de la crise dans  laquelle se débat le pays ne pourra qu’être différée », a indiqué M. Belaïd qui intervenait dans le cadre d’une rencontre régionale des militants de son parti abritée par la maison de la Culture Emir Abdelkader de Aïn Defla. Tout en soutenant que « prendre part au dialogue c’est faire preuve de  sagesse », il a fait remarquer que l’étude exhaustive de l’histoire permet de dire, « sans risques de se tromper », que les révolutions et les crises vécues par l’humanité se sont toutes achevées par le dialogue. Il a toutefois souligné que le dialogue recherché ne doit pas être motivé par les dividendes qui pourrait en être tiré mais par le souci de  rassembler et de fédérer. Evoquant la commission chargée de mener le dialogue en perspective des prochaines élections présidentielles, il a signalé que dès lors que cette dernière aspire à mettre en place les passerelles de dialogue et de concertation, son parti ne peut que l’encourager dans sa mission, appelant à bannir les préjugés des défaitistes et de ceux pour lesquels la crise est  une « fatalité ». « D’aucuns pensent qu’ils vont dialoguer avec cette commission alors qu’en vérité, il n’appartient pas à cette dernière de trouver des solutions à la crise mais tenter de nouer les passerelles du dialogue entre les partis politiques et les représentants de la société civile », a-t-il noté. Pour une plus grande efficience du travail de cette commission, il a estimé « vital » la lutte contre les préjugés, estimant que le dialogue peut  être fructueux même avec ceux avec lesquels on ne partage pas les mêmes convictions. Pour lui, la conjoncture que vit le pays est une opportunité pour les véritables nationalistes de se mettre en évidence et de contribuer au dénouement à la crise, mettant en exergue le rôle susceptible d’être joué par la société civile. S’attardant sur le hirak, il a soutenu que la sensation d’être humilié constitue l’élément principal l’ayant déclenché, déplorant qu’au lieu  d’insister sur la création d’une commission nationale chargée de la préparation des élections présidentielles, les manifestants ont focalisé leur attention sur « la nécessité du départ des 2 B « . « Si cette commission avait été installée, les élections présidentielles se seraient tenus et les 2 B seraient partis par la force des choses », a-t-il estimé, regrettant que « beaucoup de temps ait été perdu ». Evoquant l’ANP, il déploré les attaques dont fait l’objet l’institution  militaire, notant que « l’armée est la seule institution qui est restée debout ». 

« S’il est connu que l’ALN a libéré le pays du joug du colonialisme, l’ANP  l’a libéré de l’emprise du gang dévastateur lequel en a pillé les richesses », a-t-il assuré, soutenu que le pays est ciblé aussi bien par des  parties internes qu’étrangères. Parlant de la scène politique, il a noté qu’à l’inverse des ex- partis de la coalition, non encore remis du choc provoqué par la chute de l’ancien  président, les partis politiques de l’opposition « s’entredéchirent » en raison d’une guerre de leadership, « chacun pensant détenir la vérité absolue ». Pour lui, la situation actuelle du pays n’est pas une fatalité et elle  peut être dépassée pour peu que les mentalités changent et la zaâma (un phénomène propre au pays arabes) bannie. Il a par ailleurs estimé « indispensable » que le prochain président élu par le peuple sache que l’ère de la tyrannie est à jamais révolue et qu’il est  étroitement surveillé par le peuple. Selon lui, il est important de ne pas sortir du cadre de la Constitution « ne serait-ce que pour perdre sa crédibilité à l’égard de l’étranger ». « Il ne faut pas être grand clerc pour deviner qu’en ces temps d’incertitudes, les investisseurs étrangers sont peu enclins à s’aventurer  dans notre pays », a-t-il argumenté. Au cours d’un point de presse animé jute après son intervention, le président du Front El Moustaqbal a notamment évoqué la question inhérente au projet visant au remplacement de la langue française par l’anglais, observant que son parti encourage l’apprentissage du plus grand nombre de  langues étrangères possible, toutes les langues, certes l’anglais les plus grandes recherches, l’aspect économique, pas uniquement ces langues. « Il est clair que l’anglais domine les recherches scientifiques et le mode de l’économie », a-t-il toutefois noté, estimant que le plus important est de ne pas revivre les luttes entre arabophones et francophones vécues par  le passé. Evoquant la corruption, il a souligné que depuis sa création en 2012, son parti n’a cessé d’en dénoncer les manifestations et les signes extérieurs y renvoyant. 

Synthèse Michou / Ag