Gala Idir: Après près de quarante ans d’absence Que d’émotions lors de ces retrouvailles !

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Photo Fatah Guidoum@

Vava Inouva, Ssendu, Awah awah, Ay Al Xir Inu, Zwit Rwit, Cfigh et d’autres titres ont été magistralement interprétées et reprises par les milliers de fans. Idir, malgré le poids de l’âge, a réussi à mettre une ambiance festive á la coupole.

Le retour sur la scène en Algérie pour Idir a été marqué par une forte adhésion du public et surtout pour l’artiste qui, à la fin du gala, a reconnu avait éprouvé une grande émotion pendant les trois heures qu’il a passées. Idir s’est également produit hier dans la même salle et a effectivement séduit ses fans par ses retrouvailles algériennes. Ainsi donc , l’icône de la musique kabyle, Idir a renoué avec son public à la faveur d’un grand spectacle festif organisé jeudi soir à Alger marquant son retour sur scène après près de quarante ans d’absence. Accueilli dans la grande salle de la coupole du Complexe olympique MohamedBoudiaf, Idir était accompagné par un orchestre de 30 instrumentistes dirigés par Mehdi Ziouèche, un musicien polyvalent qui a présenté les différentes pièces choisies dans un nouvel habillage harmonique plein de créativité, et une chorale de jeunes, essentiellement de l’Institut national supérieur de musique.

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Après quelques reprises, tirées pour l’essentiel de l’album «Les chasseurs de lumières» et rendues par la chorale féminine du Collège Larbi Mezani de Béni Yenni, l’artiste, très ému de retrouver son public, a choisi pour son entrée en scène la pièce «Yelha Urar» (la fête est belle), donnant vite le ton d’une soirée qui s’annonçait euphorique. Accompagné de sa fille Thanina qui a assuré une partie des chœurs, chanté a capella et même dansé sur la musique de son père, Idir a étalé quelques unes de ses pièces thématiques, aux contenus poétiques éloquents pour évoquer la femme, l’exil, l’amour de la patrie et la tradition ancestrale. Le public très nombreux composé de fans de tout âge a célébré le retour de son idole par des applaudissements nourris et des youyous répétés, réussissant à arracher quelques larmes au chanteur du fameux «Avava Inouva» qui a du céder à l’émotion. L’orchestre, une fusion d’instruments occidentaux et orientaux (Mandole, Mandoline, Tbel et Bendir), répartis sur les pupitres des cordes, cuivres et percussions, a brillamment soutenu le chanteur dans un mélange de sonorités modernes et autochtones. Beaucoup d’admirateurs du chanteur ont fait le déplacement depuis plusieurs villes d’Algérie, parfois accompagnés de leurs enfants pour leur faire découvrir la musique de Idir qui a étalé entre autres pièces, «Azwaw», Zwits Rwits», «Tizi-Ouzou» (adaptée de La maison bleue de Maxime Le Forestier).

Photo Fatah Guidoum@

Devant un public qui n’a rien oublié des engagements citoyens d’Idir, le chanteur kabyle a entonné «Lefhama, Tighri Bwegdud (l’appel du peuple)», une chanson «programme», résolument citoyenne et qui prône la liberté dans l’unité. Dans un hommage appuyé à la femme dans ses différents combats à travers le temps, Idir a fait chanter en chœur l’assistance sur «Aghriv», une pièce qui évoque l’attente du retour du bien aimé de son exil. Le chanteur très heureux de retrouver un public, qui connaît par cœur tous ses titres, a replongé son auditoire dans un répertoire datant parfois de plus de trente ans avec des morceaux comme «Ch’figh» (je me souviens), «Ayarrache Nagh» (nos enfants) ou encore «Azguer» (le bœuf). Le gala d’Idir, le premier depuis 1979, s’est terminé après près de trois heures de scène au terme desquelles un disque d’or a été remis au chanteur. Annoncé avant le concert, le duo avec le chanteur et poète Lounis Aït Menguellet, autre illustre représentant de la chanson kabyle, n’a pas eu lieu, ce dernier étant souffrant. Près de 5000 spectateurs ont fait le déplacement pour ce concert, annoncé depuis plusieurs mois et très attendu par les fans du chanteur. Des officiels dont Azzedine Mihoubi, El Hadi Ould Ali et Hacène Mermouri, respectivement ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, et du Tourisme et de l’Artisanat étaient également présents au gala. Organisé sous l’égide de l’Office national des droits d’auteurs et droits voisins (Onda), le gala sera prolongé par second concert vendredi soir à Alger, avant une grande tournée nationale prévue à partir de mai.

Le public a répondu présent massivement

Ils étaient très nombreux à se déplacer jeudi soir à la coupole du complexe olympique Mohamed-Boudiaf pour revoir ou découvrir Idir sur scène, faire la fête et replonger dans un univers musical festif porté par la poésie et belle mélodie. Billet en main, les fans de l’icône de la chanson kabyle commençaient à se masser à l’entrée de la coupole plusieurs heures avant le début du concert pour assister à cet événement musical qui marque le retour de Idir sur scène après 39 ans d’absence. Dans la foule, des femmes en robe traditionnelle kabyle et des hommes en burnous blanc ont ainsi tenu à marquer cet évènement musical qui précède de quelques jours la fête de Yennayer, le nouvel an amazigh, célébré en Algérie, officiellement pour la première fois. Dans l’enceinte et aux abords de la Coupole, la sureté nationale et la protection civile ont déployé un dispositif important, mais discret, pour les deux jours de concert. En attendant leur idole, les quelques 5000 spectateurs présents ont d’abord assisté à la prestation d’une chorale de jeune filles, avant l’entrée sur scène des 30 musiciens accompagnant le chanteur.

Comme pour annoncer la couleur, Idir, habillé sobrement, coiffé d’un chapeau et guitare en bandoulière, a fait son apparition sur scène sur les airs entraînant de «Yelha Wurar» (la fête est belle), galvanisant un public, parmi lequel de nombreux spectateurs venus en famille. Accueilli par un standing ovation et des youyous, Idir a fait part de son bonheur «inimaginable» de revenir chanter parmi les siens, après une longue absence. Aux cris de «Imazzighen» qui fusaient du public, le chanteur répondait, serein : «nous sommes aussi là pour faire connaître Tamazight et pour le moment tout se passe bien», dans une en allusion à l’officialisation de Tamazight et à la récente réhabilitation de Yennayar. Ne pouvant contenir son émotion, Idir entamait d’une voix tremblante ses chansons, avant de prendre ses aises sur scène et demander à son public de l’accompagner. Jouant juste les premières notes de chacun de ces titres, le chanteur a littéralement fait passer un test de mémoire à son auditoire qui reprenait à l’unisson chacun de ses tubes, à l’instar de «Ayarrache Nnagh» (nos enfants), «Tizi-Ouzou» ou encore «Aghrib» .

Les youyous s’élevaient des gradins de la coupole qui se sont illuminés par les flashes des téléphones portables particulièrement lorsqu’Idir a entonné «Chfigh» (je me souviens), un texte poétique tout en émotion, repris en chœur dans la salle. Un peu statique au tout début du spectacle, le public a très vite adhéré aux rythmes du tbel et de bendir, se laissant aller aux déhanchements sur d’autres chansons plus rythmées, près de trois heures durant. De nombreux spectateurs disent avoir fait le déplacement en famille pour faire découvrir à leurs enfants celui qui a, par ses mélodies, bercé leur jeunesse et que les plus jeunes ne connaissent qu’à travers les disques, la télévision ou Internet. Idir animera un second concert à guichet fermé vendredi soir à la coupole du Complexe olympique Mohamed-Boudiaf, avant une grande tournée nationale à partir de mai prochain.