Grève au port de Béjaïa: «Un manque à gagner de 700 millions de dinars», souligne Halim Kasmi

0
106

Le port de Béjaïa, paralysé par une grève de ses travailleurs depuis une quinzaine de jours, accuse un manque à gagner cumulé de l’ordre de 700 millions de dinars et fait face à une facture de surestaries de l’ordre de un millions de dollars, a indiqué le P-dg de l’Entreprise portuaire de Béjaïa (EPB), Halim Kasmi,  qui a expliqué cet état de fait par l’arrêt de l’essentiel des activités de la plateforme et le déroutage de beaucoup de navires prévus à destination, vers les ports environnants.

«Seules les activités inhérentes au trafic des hydrocarbures et des produits parapétroliers continuent à être assurées», a-t-il précisé, ne cachant pas, néanmoins, son appréhension de voire les «choses se compliquer davantage, si d’aventure le mouvement venait à perdurer». «C’est la stabilité même de l’entreprise qui est en jeu». Afin d’éviter, un tel scénario catastrophe, un nouvel appel, enjoignant les travailleurs grévistes à reprendre leur travail, a été relancé lundi. Des garanties, dans ce sillage ont été données pour apaiser le climat de tension et de méfiance régnant. Et parmi elles, figure, notamment la suspension des sanctions financières et disciplinaires décidées antérieurement à l’encontre de certains grévistes. Un communiqué émis dimanche dernier et portant la signature du P-dg de l’EPB, n’exclut pas, en revanche de prendre, le cas échéant, des décisions radicales pouvant aller jusqu’au «licenciement sans préavis, ni indemnités», menaçant dans la foulée, «toute personne qui tentera d’empêcher la reprise du travail, de poursuites pénales». La situation est jugée, en effet, grave car «elle menace autant l’entreprise que le gagne-pain des milliers de citoyens qui en dépendant», souligne le même document. Pour l’heure, les choses avancent laborieusement et se caractérisent par des rencontres tous azimuts visant chacune à aider, autant que faire se peut, à aplanir les différends et à rapprocher les positions. Ainsi les syndicalistes, qui réclament mordicus, «le départ» de leur P-dg, accusé de «mauvaise gestion» ont rencontré le wali pour lui expliquer de vive-voix leur motivation. L’administration, qui rejette leurs accusations, jugées fallacieuses, avance, en contrepartie, un bilan public, plutôt, encourageant. Alors que la Fédération nationale des travailleurs des ports algériens (FNTPA) s’est désolidarisée du syndicat local, jugé «rigide» dans ses positions, notamment celui du maintien de la grève, une commission de médiation de «Serport», (autorité centrale des infrastructures portuaire du pays) a élit domicile, ce lundi à Béjaïa, avec l’objectif évident d’y apporter son concours. En fin d’après-midi, le statu quo était encore de mise, a confié M. Kasmi, qui note néanmoins qu’un consensus général entre syndicats et direction générale s’est dégagé et portant sur la nécessité de reprendre rapidement le travail. Mais après la sortie de «réunion», les signes d’une reprise éventuelle peinaient à poindre sur le terrain, rompant ainsi le charme de cet ultime round de discussions.

Ali B.