Histoire: L’apport d’une élite d’artistes martyrs en faveur de la cause nationale mis en lumière

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Des chercheurs et des académiciens ont mis en avant, samedi à Alger, le rôle joué par une élite de chouhada de la Guerrede Libération nationale dans les domaines du théâtre, poésie, art narratif et chant pour faire connaître la cause nationale et sensibiliser le peuple à la lutte pour la libération de l’Algérie.

Intervenant lors de la séance matinale d’un symposium organisée à la mémoire des chahid Ahmed Reda Houhou et Mohamed Boudia par le Théâtre national algérien (TNA) sous le thème «Les Artistes Martyrs, dialectique de l’encre et du sang», le Dr Ahcene Tlilani a évoqué le rôle «actif» joué par une élite d’artistes martyrs de la Guerre de Libération nationale et leurs contributions artistiques pour faire connaître la cause nationale et préserver l’identité algérienne, citant une douzaine dont les chahid Ahmed Reda Houhou, Ali Maachi, Rabie Bouchama, Mouloud Feraoun et Larbi Tebessi. Lors de cette rencontre, inscrite dans le cadre de la commémoration de la Journée du chahid, le conférencier a rappelé le rôle de la troupe artistique du Front de libération nationale (FLN), créée en 1958 en Tunisie, dans la médiatisation de la Guerre de Libération nationale et de ses valeurs humanitaires, à travers ses productions théâtrales Vers la lumière, Le sang des libres, Les enfants de la Casbah et Les immortels. Le conférencier a abordé, dans le cadre de l’activité des étudiants algériens en Tunisie, le théâtre joué en dialecte, notamment la pièce La mort des tyrans de l’écrivain Abdallah Rekibi, ainsi que l’expérience théâtrale en langue française, avec la pièce Le cadavre encerclé de l’écrivain Kateb Yacine. Déplorant la perte de nombreux textes du théâtre de la résistance, comme l’œuvre de Mustapha Lachraf «La dernière barrière» ainsi que plusieurs pièces de théâtrales radiophoniques de Salah Kherfi, il a plaidé pour la réhabilitation de ce patrimoine national. Pour sa part, le chercheur Idris Karkoua, de l’université Sidi Bel-Abbès, a longuement évoqué l’expérience d’écriture du chahid de Ahmed Réda Houhou, marquée par la résistance et l’opposition à la pensée coloniale, notamment dans ses écrits littéraires, artistiques et journalistiques, mettant l’accent sur son théâtrale caricaturale. Sa maîtrise de la langue française et son style satirique lui ont servi d’atouts pour dénoncer la situation dans laquelle était confiné le peuple algérien à tous les niveaux tout en échappant à la censure de l’occupant français, a relevé le conférencier soulignant l’interaction entre son instruction, sa maturité politique et son militantisme dans son expérience théâtrale et artistique. Evoquant sa biographie, il a rappelé que Réda Houhou a été interpellé suite à l’assassinat d’un brigadier de police français et emprisonné à Coudiat (Constantine), le 29 mars 1956 avant d’être transféré à la prison de Djebel El Ouahch exécuté par balles avec huit autres de ses compagnons et jetés dans un charnier. A l’aube de l’indépendance, les restes mortuaires de ces chouhada ont été enterrés au cimetière d’El Khroub (Constantine). Le chercheur a appelé, dans ce sillage, à la relance du grand projet culturel prôné par le chahid Réda Houhou en 1956, sur la culture et la littérature en Algérie. Intervenant, dans le même cadre, le Dr Abdelkrim Benaïssa, de l’université de Tlemcen, a mis en avant la contribution du théâtre algérien dans la consécration de la révolution et de la résistance grâce aux instruments dramaturgiques.

  1. C.R