Il compte poursuivre ses consultations avec toutes les composantes de la scène politique et de la société civile: Tebboune veut une «Constitution consensuelle»

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Entamées il y a quelques semaines, les consultations initiées par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune avec la classe politique, les personnalités nationales et la société civile vont se poursuivre, l’objectif étant de parvenir à une «Constitution consensuelle» dont le projet sera soumis au référendum populaire.

Selon le chef de l’Etat, l’avis de tous sera pris en compte en ce qui concerne la méthodologie à suivre, mais également les problèmes dont souffre le pays. Ces avis pourront entrer dans l’élaboration de la mouture finale de la Constitution et l’occasion sera également donnée à d’autres personnalités. Cependant, il a estimé que même si la Constitution concerne l’ensemble de la société, son élaboration doit être confiée à des spécialistes en droit constitutionnel. «Nous opérerons d’autres amendements et changements jusqu’à ce que nous parviendrons à une Constitution consensuelle», avait-il précisé. Soutenant que l’actuelle Constitution a montré ses limites avec la crise, le président de la République a jugé «impérative» sa révision pour éloigner le spectre des crises à l’avenir. Se défendant de vouloir obtenir une Constitution «sur mesure», le Président Tebboune a affirmé que cette révision marquera le début d’une étape «fondamentale». Il avait tenu à expliquer que la nouvelle Constitution sera soumise au référendum, ce qui voudra dire que l’ensemble des Algériens auront à se prononcer sur ce projet et qu’il «ne s’agit nullement d’une constitution sur mesure pour un président, un clan ou un mode de gouvernance», avait-il soutenu. Le président de la République avait indiqué, à ce titre, que toutes les personnalités rencontrées jusque-là étaient «favorables» à l’amendement de la Constitution et qu’elles «craignent, elles aussi, tout comme les citoyens, qu’elle soit encore une révision sur mesure». Le chef de l’Etat avait réitéré son engagement pour une révision constitutionnelle garantissant la protection des droits et libertés du citoyen et consacrant une démocratie réelle, fondée sur la séparation des pouvoirs, le renforcement du contrôle parlementaire et l’instauration de contre-pouvoirs efficaces dans un environnement exempt de corruption, où seront réhabilitées les valeurs morales et la compétence en matière de gestion des affaires de l’Etat. L’Algérie est au début d’un processus qui devra conduire à une refondation de l’Etat et de ses institutions sur des bases saines et à un redressement économique, social et culturel, avait-il souligné. Il avait fait savoir que la réalisation de ces objectifs requiert la mobilisation et la détermination de tous et la prise de conscience de chacun sur les enjeux et les défis que nous devons ensemble relever. Aussi, dans l’exercice quotidien des obligations de votre charge, vous devez toujours garder à l’esprit l’impératif de leur concrétisation. Le Président Tebboune avait tenu également à souligner que désormais l’exercice des missions et attributions sera évalué et apprécié à l’aune de la responsabilité et de la redevabilité qui s’y attachent en tenant compte, essentiellement, du niveau de prise en charge réelle des besoins et préoccupations exprimées par les citoyens en général et par les opérateurs économiques et sociaux, en particulier. Il avait également relevé que cette révision constitue le premier jalon pour l’édification d’une Algérie nouvelle aspirant au progrès et à la modernité tout en étant attachée à son histoire et à son authenticité. Le président de la République avait, notamment déclaré que cette démarche doit s’appuyer sur notre détermination à opérer une véritable rupture avec les pratiques du passé et promouvoir de nouveaux modes de gouvernance à la mesure des espérances de notre peuple. «C’est de la concrétisation de nos engagements que dépendent le recouvrement de la confiance du citoyen dans ses institutions, son adhésion aux actions et sa contribution pleine et sincère à la réalisation de nos programmes de développement», avait soutenu le président de la République. Pour ce faire, Tebboune avait décidé de mettre en place un comité d’experts chargé de formuler des propositions et recommandations ayant pour objet de conforter l’ordre démocratique fondé sur le pluralisme politique et l’alternance au pouvoir, d’assurer une réelle séparation et un meilleur équilibre des pouvoirs en introduisant davantage de cohérence dans le fonctionnement du pouvoir exécutif et en réhabilitant le Parlement, notamment dans sa fonction de contrôle de l’action du gouvernement, d’améliorer les garanties de l’indépendance des magistrats, de renforcer et de garantir l’exercice effectif des droits des citoyens et de réhabiliter les institutions de contrôle et de consultation. Il a expliqué que les axes de cette révision tournent autour du renforcement des droits et libertés des citoyens, la réflexion doit porter sur l’élargissement et l’enrichissement des espaces de liberté du citoyen à la fois par la consécration de nouvelles libertés individuelles et collectives, le cas échéant, et la consolidation des droits constitutionnels garantis. Il s’agira de donner un contenu et un sens aux droits et libertés consacrés et de protéger particulièrement la liberté de manifestation pacifique et la liberté d’expression et de la presse écrite, audiovisuelle, et sur les réseaux d’information qui doivent s’exercer librement sans porter atteinte à la dignité, aux libertés et aux droits d’autrui. Il s’agit également de la moralisation de la vie publique et de la lutte contre la corruption et , à ce propos, le comité devra examiner et proposer des mécanismes propres à éviter les conflits d’intérêts entre l’exercice des responsabilités publiques et la gestion des affaires de sorte à soustraire à l’influence de l’argent la gestion des affaires publiques.

La réflexion doit porter également sur les moyens de renforcer davantage les mécanismes de prévention et de lutte contre la corruption, y compris l’implication de la société civile dans cette œuvre de salubrité publique. Elle devra s’étendre aussi à la réhabilitation et au renforcement des institutions de contrôle de manière à conférer à leur action plus d’effectivité dans la protection du patrimoine et des deniers publics.

En outre, la consolidation de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs figure parmi les axes de cette refonte et il s’agira particulièrement de promouvoir l’action politique dans sa principale fonction d’impulsion et d’animation de la vie publique dans le respect des règles démocratiques fondées sur les principes d’alternance au pouvoir et de promotion du pluralisme politique.

  1. Benslimane