Il le considère le meilleur en Afrique: Jean-Marc Guillou a-t-il raison de vanter les mérites du football algérien?

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«Il y a un énorme potentiel en Algérie», selon Jean-Marc Guillou, le football algérien est simplement le meilleur en Afrique. C’est ce qu’il a confié dans un entretien accordé, ce lundi, au magazine spécialisé français Onze Mondial.  Celui qui a roulé sa bosse un peu partout sur le continent noir, notamment en Côte d’Ivoire et fondateur de plusieurs académies de football, entre autres celle du Paradou AC en 2007, a été visiblement séduit par cette expérience.

«On y est allé (avec l’association, ndlr) et on a trouvé beaucoup de bons joueurs. Je pense à Hicham Boudaoui qui joue à l’OGC Nice par exemple. Ces promotions en Algérie sont très bonnes », a-t-il ajouté. Un constat contrastant avec le niveau affligeant de nos joueurs et le spectacle moribond auquel on a droit chaque week-end dans le championnat local. Où se situe alors la fracture ou le chaînon manquant permettant au football algérien d’occuper une place tout en haut de la hiérarchie africaine ? Pour le moment, le palmarès de l’équipe nationale, mais aussi celui des clubs ne permettent aucunement de dire que notre football et nos joueurs sont les meilleurs. D’un autre côté, on est enclin à croire un avis aussi tranché et désintéressé d’un expert de la trempe de Jean-Marc Guillou. Tout le monde s’accorde à dire que la formation est le maillon faible chez nous, mais il faut dire aussi que l’environnement et les conditions, d’une manière générale, ne favorisent guère l’épanouissement des jeunes talents, encore moins les envolées techniques. Tout ou presque les tire vers le bas : la mauvaise mentalité des encadreurs, la gabegie et l’incompétence des dirigeants, l’état lamentable des terrains, la vétusté des enceintes sportives, l’arbitrage défectueux, l’hostilité du public, la médiatisation nulle… Rien, en somme, n’encourage ou n’incite à la performance. Le joueur s’adapte du coup à son environnement et se fond dans la médiocrité ambiante. Il ne cherche pas à s’améliorer et court surtout derrière l’argent. Pourtant Jean-Marc Guillou n’est pas le premier ou le seul spécialiste à vanter les mérites du footballeur algérien. On se souvient de Jean-Michel Larqué qui a rendu un vibrant hommage à Rachid Mekhloufi, juste après la victoire de l’équipe de France au Mondial 1998 à laquelle Zinedine Zidane, d’origine algérienne, a largement contribué, notamment lors de la finale contre le grand Brésil. Le célèbre consultant qui a côtoyé le grand Mekhloufi à Saint-Etienne, le considère comme l’un des meilleurs joueurs qu’il a vu évoluer et source d’inspiration pour toute une génération. Les grands joueurs en Algérie, ça ne manque pas. De Lalmas à Mahrez en passant par les Belloumi, Madjer, Assad, Zitouni et bien d’autres, on ne peut pas tous les citer. On pense néanmoins à ceux dont l’immense talent n’a pas pu être exploité. Ils sont légion dans ce pays. Une déperdition incontrôlable qui emprisonne le football algérien dans sa gangue et l’empêche de prendre de l’envergure et devenir une référence, un label non seulement à l’échelle africaine, mais aussi sur le plan mondial. Aujourd’hui, on en est loin, mais avec une meilleure prise en charge, de l’investissement et une politique cohérente et efficace, le rêve peut devenir réalité.

Ali Nezlioui