Infrastructures: Ces stades devenus des gouffres financiers

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Dans pratiquement tous les pays du monde, les délais de réalisation des infrastructures sportives sont en général respectés, sauf chez nous où ils jouent les prolongations au point de devenir ensuite des gouffres financiers.

C’est comme une fatalité à laquelle est condamné le contribuable sollicité chaque fois pour compenser ces retards. Les auteurs de cette gabegie sont rarement inquiétés, on ne situe jamais les responsabilités dans ce genre de dilapidations des deniers publics. Car il s’agit bien de ça. Le budget alloué initialement au projet est souvent doublé, voire plus, pour de raisons aussi multiples qu’incongrues. C’est la règle à laquelle on s’est conformé. La construction d’un complexe sportif ou d’un stade de football d’une contenance de 40 000 places dure en moyenne deux ans ailleurs. Chez nous, elle peut trainer…jusqu’à 10 ans. On est fort en revanche de trouver tous les justificatifs pour expliquer ces retards. L’exemple du nouveau stade de Tizi-Ouzou est édifiant dans ce registre. Voilà une enceinte sportive attendue avec une grande impatience par toute une région qui tarde à être réceptionnée. Plusieurs ministres se sont succédé promettant de la livrer dans les brefs délais. Ils sont partis alors que les travaux s’éternisent. L’actuel ministre de la jeunesse et des sports, Sid Ali Khaldi vient à son tour de résilier le contrat de réalisation du nouveau stade de Tizi avec l’ETRHB. Il était temps, même si cela va retarder encore sa livraison. Cela dit, les experts et certains cadres du sport exigent des mesures d’évaluation pour situer les responsabilités dans ce cas flagrant de mauvaise gestion. Par quel miracle, s’interrogent-ils, l’enveloppe financière est passée de 37 à 50 milliards de Dinars ? Ils se posent des questions sur la provenance de cet argent et conformément à quelle procédure légale ?  Pourquoi le projet est passé du statut de complexe olympique à un simple stade avec quelques modules ? Ils soupçonnent ainsi de nombreuses infractions à la loi auxquelles la justice devrait se mêler. A condition qu’elle se saisisse du dossier. C’est aux pouvoirs publics de déposer une plainte pour enclencher la machine judiciaire souhaitée par tous ceux qui veulent en finir avec l’ancien système mafieux qui a régné pendant plus de deux décennies sur le pays. L’incurie qui caractérise la construction du nouveau stade de Tizi-Ouzou n’est pas l’exception qui confirme. Elle peut être généralisée pour tous les autres projets similaires, notamment celui du stade de Baraki ou encore celui de Douéra. Ce n’est guère une fatalité. Il est urgent de sortir de cette spirale défaitiste où l’incompétence le dispute à la forfaiture, pour retrouver une gestion saine et rigoureuse. On veut que l’Algérie devienne un pays «normal» !

Ali Nezlioui