Initialement prévue à Larbaâ Nath Irathen le 28 mars: Journée d’étude sur l’œuvre de Mohamed Dib reportée à une date ultérieure

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L’objectif de cette rencontre, selon les organisateurs, est de lutter contre l’oubli et de perpétuer l’œuvre majeure de l’un des précurseurs de la littérature maghrébine.

La Journée d’étude portant sur l’œuvre du romancier Mohamed Dib, initialement prevue le 28 mars prochain, à la bibliothèque communale de LNI est donc reportée à une date ulterieure,   apprend-on des organisateurs et cela bien sur pour cause du Covid-19. Après Slimane Azem, Cheikh Nourdine, Djoher Amhis, Mouloud Mammeri, Amar Ou Saïd Boulifa, Mouloud Feraoun, Si Mohand Oulhoucine Sahnouni, Assia Djebar, on aurait évoqué cette fois-ci l’un des précurseurs de la littérature maghrébine, en l’occurrence «Mohamed Dib». Cela aurait contribué à lutter contre l’oubli et à perpétuer l’œuvre majeure de l’auteur de La grande maison, ajoutera-il. «A travers l’organisation de cette manifestation littéraire, l’EMEV vise à sortir les rencontres scientifiques des enceintes universitaires et permettre au large public des régions éloignées des grandes villes de connaître un peu plus pour certains et pour d’autres découvrir l’immense oeuvre léguée par Mohamed Dib. Ainsi, nous espérions participer activement à la création de nouvelles traditions nécessaires pour l’épanouissement de la société», poursuit-il. Dans l’argumentaire accompagnant le programme de cette rencontre, les organisateurs relèvent que Mohammed Dib (1920-2003) est l’un des écrivains les plus éminents de la littérature maghrébine de langue française, ajoutant que son œuvre ayant traversé l’histoire de cette littérature occupe une place particulière et importante. «Sa prophétique trilogie algérienne (La Grande Maison ; L’Incendie ; Le Métier à tisser) demeure un classique de la littérature réaliste qui témoigne de l’engagement de l’auteur à écrire et peindre la situation du colonisé et secouer son peuple, et la nécessité de dire sa nation, de composer la phase qui exprime le peuple, de se faire le porte-parole d’une nouvelle réalité en actes (Frantz Fanon, Les Damnés de la terre, 1961, p. 154)». L’œuvre de Dib évolue progressivement et emprunte les voies de l’écriture expérimentale, donnant une place privilégiée aux jeux de l’imaginaire (surréalisme, symbolisme, mythologie) pour aboutir à partir des années 1980 à une écriture onirique méditative, centrée sur la quête de soi, du sens, l’exil, l’errance perpétuelle et les aléas de la condition humaine, décortiquent les rédacteurs du document. Pour eux, il résulte de tout cela que Dib manifeste dans ses textes son désir continuel de repousser ses propres limites. Tout le défi réside, selon Nadjet Khedda, dans «l’approfondissement infatigable du même sillon, si personnel, de la quête du sens et de la construction d’un univers personnel, remplaçable par aucun autre et dans le perpétuel renouvellement de la forme, toujours imprévisible» (Nadjet Khedda, Mohammed Dib, le Tlemcénien, Horizons Maghrébins, 1999, p. 11), lit-on plus loin. «La réussite de ce grand défi s’impose dans l’esprit de tout lecteur avisé, sur un demi-siècle d’un travail continu et controversé. Le travail de Dib caractérisé par une écriture romanesque imprégnée de poésie, allant de l’esthétique à l’éthique, s’offre au lecteur, à travers une quarantaine d’ouvrages dont les thématiques sont riches et diversifiées et ont évolué au gré de ses rencontres, ses explorations de l’homme, ses visions sur la vie et le monde complexe qui nous entourent.» Cette écriture se veut une quête de l’identité, de la parole, de la voix (voie), de l’histoire, de soi, de l’autre, de l’enfance, de l’exil, de la littérature, de l’art, a-t-on noté. Par cette journée d’étude, ses initiateurs entendaient rendre hommage à Mohammed Dib, «l’un des fondateurs du roman algérien, qui a libéré et apprivoisé son écriture au profit de sa personne, son imaginaire, ses convictions et expériences».

Benadel M.