La CAN reportée à 2022: Le bon sens l’a emporté

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Le verdict ne pouvait tolérer un nouvel ajournement, il est finalement tombé, hier, sans surprise, sous le coup du bon sens et de la logique. Prévue du 9 janvier au 6 février 2021 au Cameroun, la CAN est en effet décalée d’une année et se déroulera en janvier 2022.

Ainsi en a décidé le Comité exécutif de la CAF, réuni, hier, en visioconférence. Pouvait-il faire autrement ? Le maintien de la plus grande compétition africaine de football à sa date initiale relevait quasiment de la mission impossible, compte tenu de la situation précaire que traverse le monde sur le plan sanitaire. L’épidémie du coronavirus est passée par là pour tout chambouler. Ce n’est pas tant les quatre tours de qualifications à la CAN restantes qui posaient véritablement problème, la CAF pouvant les engoncer tant bien que mal durant les deux fenêtres internationales programmées aux mois d’octobre et novembre. Mais elle n’a aucune garantie que les frontières seront ouvertes d’ici là. Chaque pays, ayant instauré ses propres règles pour lutter contre la propagation du Covid-19, il était très aléatoire, voire suicidaire, de maintenir la compétition pour l’hiver prochain. La sagesse l’a emporté pour une fois, allions-nous dire, car souvent par le passé, l’esprit obtus, l’entêtement et le jusqu’auboutisme l’emportaient chez les dirigeants de la Confédération. Le plus dur maintenant est de s’adapter à la  nouvelle donne, sachant surtout qu’en 2022 il y aura également le Mondial du Qatar, le plus grand événement footballistique. Une situation compliquée pour les équipes africaines sans être inédite. En effet, avant que la CAF ne décide en 2013 d’organiser la CAN dans les années impairs, celle-ci se déroulait une fois tous les quatre ans, la même année que la Coupe du monde. Justement, c’est pour permettre aux sélections africaines qualifiées de bien se préparer au rendez-vous planétaire que le changement a été décidé. Cette fois, l’on est contraint exceptionnellement de faire cohabiter les deux compétitions la même année. Certaines sélections seront forcément plus concentrées sur le Mondial que sur la CAN. C’est une réalité constatée par le passé à laquelle on ne peut échapper. Mais cela n’enlève rien au charme et à l’importance de Coupe d’Afrique des nations. Encore moins à son attrait. Elle aurait pu cependant avoir lieu l’été prochain pour éviter le chevauchement entre les deux événements, mais le Cameroun, la pays organisateur, a refusé catégoriquement cette proposition, car l’été coïncide au Cameroun avec la période des grandes pluies. Ce qui rend l’organisation de la CAN très difficile durant cette saison. La CAF n’avait donc pas vraiment le choix que la décaler pour le début de 2022. Pour Djamel Belmadi et l’équipe nationale, ce changement pourrait néanmoins poser un autre problème, celui de la participation à la Coupe panarabe des nations que le Qatar devrait abriter du 1er au 18 décembre 2021 et à laquelle l’Algérie sera vraisemblablement invitée. Va-t-on accepter de disputer les deux tournois avec le même effectif avec tout ce que cela comporte comme risque de blessure et de fatigue pour les joueurs, sachant qu’il y aura moins d’un mois d’intervalle entre les deux événements ? ce sera un véritable casse-tête pour le sélectionneur national, mais il sera obligé de faire un choix, même s’il est douloureux.

Ali Nezlioui