La folie de la mercuriale

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    Il y a quelque chose d’anormal dans notre économie où les prix des fruits et légumes ont atteint des pics à donner le vertige. On a beau chercher une explication qui tienne la route à cette flambée surréaliste, on demeure déroutés par le coût de l’ail qui se vend jusqu’à 1600 DA le kilo, celui de la banane qui avoisine les 1000 DA, de la patate qui va allègrement sur ses 100 DA…Le citoyen ordinaire et même celui des couches moyennes, ne savent plus où donner de la tête tant le salaire ne vaut plus grand-chose. Nous sommes donc revenus de nos illusions, celles-là qui consistaient à nourrir un quelconque espoir à propos de la régulation du marché, de l’approvisionnement qui allait reprendre son cours normal avec le retour du beau temps, et même un sursaut d’orgueil de l’agriculture dont la production reste en deçà des vastes potentialités susceptibles de fouetter un secteur qui demeure dépendant des importations. A ce sujet, il convient de s’interroger sur ce plan de développement de l’agriculture qui tarde à voir le jour. C’est que les temps à venir vont être de plus en plus difficiles et à défaut de payer en devises fortes ses importations, l’Algérie devra impérativement compter sur ses propres ressources afin de mettre sur le marché ces fruits et légumes qu’on peut aisément produire pour peu que volonté y soit et les compétences mobilisées. De l’ail, il en existe d’excellente qualité du côté de Skikda, exactement à El Harrouch, où il déborde sur le bord des routes à des prix abordables. Les patates, nous dit-on, sont tributaires des espaces de stockage qui manquent, les autres légumes ne sont pas en abondance pour une affaire de main-d’œuvre et de surfaces restées en jachère…C’est donc une tâche gigantesque que de préserver les terres agricoles du diktat du foncier, de concevoir un plan de relance solide loin de toute démagogie, de suivre très sérieusement l’itinéraire de l’argent dévolu à l’aide aux agriculteurs afin d’en chasser le indus bénéficiaires… une tâche difficile, mais possible. D’ailleurs, a-t-on le choix?