La hiérarchie bousculée: Une CAN pleine de surprises

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 On savait la CAN irrévérencieuse où la hiérarchie est souvent bousculée, malmenée, mais l’édition 2019 a dépassé toutes les prévisions.Déjà lors du premier tour, de nombreux ténors de la balle ronde africaine n’ont pu s’en sortir qu’à la faveur du nouveau système de compétition permettant aux meilleurs troisièmes de se qualifier aux huitièmes de finales.

Un signe avant-coureur de ce que nous réservait la suite des débats. En effet, on n’était pas au bout de nos surprises. Le Bénin a donné le ton en écartant le Maroc, un mondialiste et candidat sérieux au sacre. Une élimination  précoce qui a ébranlé le Royaume chérifien. Mais ce n’était rien devant le terrible séisme qui a secoué l’Egypte, le lendemain. Le pays hôte écarté par l’Afrique du Sud, une équipe arrivée à la CAN sur la pointe des pieds et sur laquelle personne n’a misé le moindre kopeck. Un crime de lèse-majesté inimaginable et invraisemblable dont on ne mesure pas encore toutes les retombées. Si l’Egypte a accepté de venir en aide à la CAF en remplaçant au pied-levé le Cameroun pour abriter la CAN, elle l’a fait avec l’arrière-pensée de remporter la Coupe d’Afrique devant son public. Certains pensaient même que le trophée lui était promis. En tout cas, on était loin de penser que les Pharaons allaient quitter la compétition dès les huitièmes de finales. C’est l’une des rares fois où le pays hôte se fasse sortir aussi prématurément, ce qui redistribue complètement les cartes. La compétition devient encore plus ouverte surtout que l’on constate un nivellement des valeurs. La présence des superstars comme Salah n’aura finalement rien changé. Preuve que le football reste d’abord et avant tout un sport collectif. On aurait pensé qu’avec Salah, l’Egypte avait toutes ses chances de remporter sa huitième coupe d’Afrique des nations de son histoire, mais la glorieuse incertitude du sport en a décidé autrement. C’est tant mieux pour la compétition et le suspense, on ne va pas s’en plaindre. Aujourd’hui, il ne faut écarter aucun prétendant. Ce n’est pas parce que deux des gros favoris sont sortis que la compétition devient plus abordable ou facile. Bien au contraire, c’est maintenant qu’il faudra redoubler de vigilance, car il n’y a pas plus vraiment un ordre établi. Chacun des qualifiés aux quarts de finales devient un prétendant sérieux et légitime pour remporter le titre. Le souvenir du sacre inattendu de la Zambie en 2012 est encore dans toutes les mémoires. Personne ne l’attendait à ce niveau. Mais elle l’a fait. Les Chipolopolos peuvent inspirer les « petites » nations encore en lice en Egypte. A moins qu’une grosse cylindrée ne parvienne à tirer son épingle du jeu. C’est tout l’intérêt de cette CAN vraiment pas comme les autres.

Ali Nezlioui