La pire et la meilleure  façon de vous chausser

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Nombre d’entre nous disent avoir mal aux pieds. Si les causes peuvent être purement et simplement anatomiques, les problèmes de pied sont souvent inhérents au port de chaussures inadaptées et nombreux sont ceux qui auraient d’ailleurs besoin de conseils de chaussage. Et dans le domaine des erreurs, les femmes sont les reines.

Un constat dressé par des orthopédistes-orthésistes qui constatent que les femmes sont plus concernées par les problèmes de pied que les hommes, du fait du port régulier de chaussures inadaptées. Les hommes se chaussent globalement mieux car ils privilégient leur confort. Les femmes qui portent des chaussures à talon de plus de quatre centimètres sont les plus nombreuses à se plaindre de douleurs au niveau de l’avant-pied, du genou, des jambes et des orteils. En effet, les talons, aussi appréciés soient-ils, sont la bête noire du pied. Mais ils ne sont pas les seules à blâmer : plusieurs types de chaussures sont susceptibles de modifier la posture en entraînant divers maux et ce dans tout le corps affirment les spécialistes qui trouvent à cela  une explication simple, les pieds sont les fondations du corps. Si celles-ci sont malmenées, c’est tout l’édifice qui peut souffrir. Des pieds mal chaussés peuvent être douloureux mais aussi être responsables de douleurs dans les étages supérieurs du corps : les genoux, le dos, les hanches, etc. Mais alors, quelles sont les chaussures à éviter de porter pour préserver notre santé ?

Les talons hauts

Tous. Sans exception. Même si le talon est large et parait donc plus stable. Car un talon haut va venir chambouler tout notre équilibre et notre anatomie. Quand on est pieds nus ou à plat, 70% du poids du corps repose sur les talons et 30% sur l’avant du pied. Au fur et à mesure que la hauteur du talon va augmenter, la répartition des charges va s’inverser : un talon de cinq centimètres inverse les proportions de la position à plat. Avec dix centimètres de talon, c’est 90% du poids du corps qui repose sur l’avant du pied. Le pied n’est pas fait pour ça, donc cela peut occasionner des douleurs sous l’avant-pied. Les talons hauts provoquent également une antéversion du bassin : le bassin bascule en avant, ce qui va augmenter la cambrure lombaire et peut provoquer des douleurs lombaires. Vous l’aurez donc compris : cinq centimètres, c’est la hauteur maximale de talon que nous devrions porter concluent les spécialistes.

Les talons fins

Les chaussures à talon aiguille provoquent une instabilité de la cheville et peuvent donc entraîner des risques de tendinite des muscles stabilisateurs et d’entorse.

Les chaussures à bout pointu

Les escarpins, sont les pires ennemis de nos pieds. En effet, la forme en pointe va contraindre les orteils à se déformer du fait de l’élasticité du pied. La solution ? Ne les porter qu’occasionnellement, car une journée entière confinée dans des escarpins risque à terme de déformer les pieds et donc les faire souffrir. D’ailleurs, cette problématique ne concerne pas seulement les femmes : les hommes aussi doivent éviter le port prolongé des chaussures à bout pointu, celles qui vont pourtant si bien avec le costume.

Les semelles trop épaisses et trop rigides

Typiquement, les talons compensés ou encore les chaussures à plateforme. Dans les talons compensés, le pied est mieux positionné que dans des escarpins car la forme est plus physiologique, concèdent les spécialistes. Toutefois, la semelle est très rigide, ce qui fait que le pied est maintenu dans cette position et qu’il ne peut donc pas dérouler. Le déroulement correspond au mouvement du pied pendant la marche. Celle-ci se décompose en trois parties : la phase taligrade (lorsque le talon entre en contact avec le sol),  la phase plantigrade (tout le poids du corps est réparti sur toute la surface plantaire du pied),  la phase digitigrade (le talon s’est soulevé et le poids du corps passe sous l’avant-pied ; ce sont les orteils qui vont ensuite propulser le corps en avant). Les semelles épaisses et rigides bloquent le pied dans sa phase plantigrade : le pied est à plat, il ne peut plus dérouler correctement. Un mouvement qu’il ne faut pas négliger puisqu’il participe au retour veineux, c’est-à-dire la circulation du sang du bas du corps vers le haut.

Les semelles trop épaisses et trop molles

Saviez-vous que les chaussures ont un impact au niveau cérébral. C’est le point sur lequel insistent les spécialistes, le pied a un rôle important dans la posture. Pour l’équilibrer, notre cerveau a besoin de beaucoup d’informations que lui communiquent des milliers de capteurs qui sont répartis dans tout le corps (les muscles, les articulations, etc.). C’est ce qu’on appelle la proprioception. C’est sous le pied que se trouve la plus grande quantité de capteurs proprioceptifs.

Les tongs

Les opposés au port des tongs invoquent souvent des raisons d’hygiène, mais d’autres arguments peuvent être mis en avant. Les tongs ne posent pas de problème à la condition que le pied fonctionne parfaitement, c’est-à-dire qu’il n’est ni pronateur (quand il bascule vers l’intérieur), ni supinateur (quand il bascule vers l’extérieur), ce qui est rarement le cas, indiquent les spécialistes. La semelle des tongs est généralement très souple, ce qui n’est pas idéal pour les capteurs proprioceptifs mais en plus, elle se déforme en suivant le pied et finit par le conforter dans une mauvaise position. A terme, cela peut avoir des répercussions sur toute la posture. Alors la tong, c’est bien, mais seulement pour aller à la plage ou à la piscine.

Les mocassins en cas de pieds creux

Très tendance et prisés chez les femmes comme chez les hommes, les mocassins ne sont pourtant pas faits pour tout le monde. Ils peuvent être particulièrement inadaptés aux pieds creux (pieds cambrés) en comprimant le dessus du pied. Pour les pieds cambrés, il vaut mieux des chaussures à lacets.

Les mules ou claquettes

Là encore, ce type de chaussures n’est pas gênant tant qu’elles ne sont portées que ponctuellement. Cependant, elles peuvent être à l’origine de petits chocs répétitifs au talon ce qui peut, à la longue, entraîner des douleurs.

Certaines chaussures de sport

Que les sportifs se rassurent : selon les orthopédistes, la plupart des chaussures de sport sont aujourd’hui très bien conçues. L’idéal est de choisir des chaussures universelles (sur lesquelles il n’y a pas de correction) et, si nécessaire, de porter des semelles sur mesure. Les chaussures de sport qui proposent des modèles supinateurs ou pronateurs en fonction de la manière dont le sportif court ou marche sont en revanche à éviter. Sur le principe, c’est très bien, mais le problème est qu’elles sont vendues en magasin par des gens qui n’ont pas forcément la compétence pour vérifier les éléments nécessaires. Beaucoup d’acheteurs se sont donc retrouvés avec des problèmes de genou, à la hanche ou de dos. Attention toutefois : les baskets  ne doivent servir que pour le sport et non en tant que chaussures de ville.

Les chaussures avec voûte plantaire chez les tout-petits

Tous les professionnels de santé s’accordent là-dessus : trop de parents font encore l’erreur d’acheter à leurs enfants des chaussures avec voûte plantaire, qui promettent maintien et confort. Mais le pied de l’enfant n’en a pas besoin. Au contraire, cela risque plutôt de lui desservir. Le pied de l’enfant est normalement plat jusqu’à environ trois ans. Naturellement, avec la marche, les muscles du pied vont former la voûte plantaire et se tonifier. Avec de telles chaussures, le pied va se retrouver soutenu et les muscles ne vont pas prendre le tonus nécessaire. Le pied va alors être condamné à être plat toute sa vie. L’idéal est de laisser les enfants marcher pieds nus le plus souvent possible. Le pied a besoin d’être en contact avec le sol pour pouvoir se former naturellement.

Que faire en cas de douleurs aux pieds ?

Les spécialistes expliquent qu’il est important de consulter dès qu’une douleur fait son apparition et devient récurrente au niveau des pieds mais aussi des genoux, des hanches ou du dos. Il peut alors être intéressant de faire un bilan podologique ». Le pédicure, le podologue, l’orthopédiste, l’orthésiste ? La différence entre tous ces praticiens est parfois confuse. En effet, parmi les professionnels de santé spécialisés en podologie, l’orthopédiste-orthésiste est celui qui a la vision la plus globale du corps. On associe facilement un problème de pied au reste du corps. Souvent, les patients viennent car ils ont des douleurs aux lombaires et au dos mais en réalité, le problème vient d’en bas. C’est le spécialiste de l’appareillage « de la tête aux pieds ». Il conçoit et réalise des orthèses plantaires (semelles orthopédiques) sur mesure, adaptées au pied et à la chaussure du patient. Elles sont alors très efficaces pour de nombreux maux qui trouvent leur origine dans le pied. »

La chaussure idéale

On l’a vu, le port de chaussures inadaptées peut entraîner différents maux au niveau du corps ainsi qu’une modification de la posture. Mais à la base, une bonne posture, c’est quoi ? Avoir une bonne posture bien que cela se rencontre rarement car nous sommes naturellement déséquilibrés c’est être bien équilibré, quand on se met debout, les pieds joints, les chevilles sont en contact, les genoux également, le bassin ne bascule pas en avant ou en arrière ni sur un côté, le dos est bien droit et les épaules sont à la même hauteur. De profil, la tête est bien à l’aplomb du thorax qui lui aussi est bien à l’aplomb du bassin.

Peut-on alors vraiment trouver chaussure à son pied ?

La réponse est oui, à condition de prendre en compte certains critères, la partie postérieure (le contrefort) doit être assez rigide pour maintenir l’arrière du pied et caler le talon, la semelle doit être souple pour suivre le déroulé du pied à la marche, la chaussure doit disposer d’un bon moyen de réglage sur le coup de pied (comme un laçage) pour que le dessus de la semelle puisse suivre le dessus du pied et le bout doit être rond pour ne pas déformer l’avant du pied. Privilégiez également les modèles à lacets, globalement plus adaptés aux différentes formes de pied. Si les petits talons peuvent aider à la marche, ils ne sont toutefois pas nécessaires. Nous sommes faits pour marcher pieds nus, pour que le pied repose complètement sur le sol. Et au niveau des capteurs proprioceptifs, il est important pour le pied d’être en contact avec le sol. Des chaussures plates, comme les ballerines par exemple, ne posent donc pas de problème car le pied se retrouve dans sa position naturelle, comme quand on est pieds nus. Ce type de chaussures n’a que très peu de conséquences sur la posture. L’idéal est une chaussure qui fasse corps avec le pied sans le comprimer. Enfin, les spécialistes s’accordent su le fait de ne pas tout le temps porter la même paire de chaussures. Il est important d’alterner pour ne pas confiner le pied dans une même chaussure, ce qui est le meilleur moyen de le déformer et de l’abîmer. Choisir la bonne pointure et une bonne largeur sont également des critères primordiaux pour l’achat d’une paire de chaussures.

Bien choisir sa pointure

Si acheter une paire de chaussures peut paraître anodin, le choix de la pointure, qui correspond à la longueur du pied et est exprimée en point. En effet, le pied est élastique : cette condition lui permet de s’adapter constamment à la surface avec laquelle il est en contact. C’est donc lui qui s’adapte à la chaussure, et non l’inverse comme on a tendance à penser. Ainsi, des chaussures trop petites comportent plusieurs risques. Les orteils vont se replier et risquent à terme de se déformer de façon définitive (orteils en griffes, hallux valgus…). L’avant-pied est serré et cela peut avoir pour conséquence de comprimer certains nerfs du pied et déclencher des douleurs très vives (comme le névrome de Morton, qui est lié au fait de porter des chaussures trop étroites). La peau du pied est comprimée et des callosités peuvent apparaître (durillons, cors…) ou des ampoules  à cause du frottement. A l’inverse, des chaussures trop grandes présentent un risque de déformations au niveau des orteils car ces derniers vont se crisper pour se stabiliser. Plusieurs techniques existent alors pour connaître sa vraie pointure. Si un pédimètre permet de mesurer instantanément et précisément sa longueur de pied, celle-ci peut également être trouvée à l’aide d’un calcul simple : Poser le pied sur une feuille de papier ; Avec un crayon, tracer un trait droit à l’arrière du talon et un autre en avant du plus long des orteils ; Mesurer la longueur en centimètres ; Ajouter un centimètre supplémentaire ; Multiplier par 1,5 ; Arrondir le résultat au chiffre supérieur : on obtient la pointure.