La pomme de Bouhmama et celle des Alpes

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La filière des pommes françaises des Alpes vit une crise sans précédent depuis que l’Algérie a décidé de réduire ses importations. Du coup, c’est le président de la région Provence Alpes Côte-d’Azur (PACA) qui monte au créneau pour demander au Premier ministre d’intervenir auprès de son homologue algérien afin de désamorcer la crise. La particularité de cet homme politique est d’être foncièrement antimusulman et il a déjà fait parler de lui de nombreuses fois en termes très peu élogieux : Christian Estrosi ne se gêne nullement pour fustiger sévèrement les musulmans au point de leur interdire «son» territoire. Mais quand il s’agit de sauver des milliers d’emplois liés à la production des pommes, il redécouvre les vertus de la coopération ou plus exactement de l’exportation vers l’Algérie, pays musulman et plus gros client avec l’écoulement de 40% des pommes sur le marché. Mais au-delà de cette importation de fruits, aujourd’hui révisée à la baisse, crise économique oblige, il y a lieu de s’interroger sur nos propres capacités à répondre au marché national en termes de pommes s’entend. Evidemment. Parce qu’il existe en Algérie une région nichée dans les Aurès et qui produit des pommes de très grande qualité. Le village de Bouhmama dans la wilaya de Khenchela comprend des vergers à perte de vue où les branches des arbres plient sous le poids lourd des pommes. Durant la haute saison, c’est-à-dire, en été et en automne, ce sont de nombreux mandataires qui viennent de toute l’Algérie pour remplir leurs camions du fruit juteux. Il y a même certains gros malins qui trafiquent les étiquettes et revendent le produit comme étant importé, ce qui augmente sensiblement son prix et le client n’y voit goutte puisque les pommes locales sont aussi bonnes et aussi juteuses que la fameuse reine des Alpes. C’est dire qu’il suffit de réguler la filière locale et de mettre fin aux spéculateurs par un contrôle strict de la commercialisation, que l’on pourra se passer des importations.