La sécurisation du   détroit d’Ormuz: L’option d’une coalition des  Etats Unis ne suscite pas l’unanimité  auprès des européens 

0
241

L’appel du président américain, Donald  Trump, à constituer une force navale capable d’assurer « la liberté de  circulation », dans le Golfe Persique, n’a pas suscité beaucoup d’enthousiasme auprès de Paris et de Berlin lesquelles ont opté en faveur  d’une approche plus pondérée face à cette situation, rapporte dimanche l’agence Sputnik. Suite à l’arraisonnement du Stena Impero- un pétrolier suédois battant  pavillon britannique – par l’Iran, l’administration Trump a proposé à plusieurs pays européens, ainsi qu’au Japon et à la Corée du Sud, de s’engager au sein d’une mission navale destinée à « combattre une agression  iranienne ».  

 Ainsi, la ministre française de la Défense, Florence Parly, a estimé  que la présence de forces étrangères dans le Golfe ne ferait qu’accroître  les difficultés déjà existantes, alors que l’avenir de l’accord nucléaire iranien est toujours en jeu.   Pour sa part, son homologue allemande, Annegret Kramp-Karrenbauer,a évoqué la différence « d’état d’esprit » avec Washington au sujet de l’Iran,  sans exclure pour autant totalement l’idée d’une initiative européenne. La position de l’Allemagne a été exprimée aussi auparavant par le vice-chancelier, Olaf Scholz, estimant qu’un conflit militaire dans la  région « serait la pire des choses ». 

  L’idée de former une coalition de pays contre l’Iran, a été formulée, pour rappel, par Dominic Raab, nouvellement  nommé à la tête du Foreign Office. « Son insistance sur le fait d’impliquer les Etats-Unis dans cette coalition a ravivé les tensions entre les Européens au sujet de la  stratégie à adopter face à l’Iran », indique-t-on. Lors d’une réunion des pays signataires de l’accord nucléaire le 28 juillet à Vienne, la France, l’Allemagne et l’UE ont prôné la relance d’une action diplomatique alors que le commerce entre l’Iran et l’UE s’était  contracté de 69% au premier trimestre 2019 par rapport à 2018. Les Européens souhaitent convaincre les dirigeants iraniens « que les menaces américaines peuvent être réduites » et que le plan d’action global (JCPoA) est bel et bien un moyen d’assurer la sécurité de leur pays, a  indiqué récemment le journal français le Monde.

Face au réticences de l’Europe Washington sollicite  l’aide de l’Australie   

 Le secrétaire d’Etat américain, Mike  Pompeo, a sollicité dimanche l’aide de Canberra pour sécuriser les voies de  navigation dans le détroit d’Ormuz contre des « attaques non provoquées », selon des sources médiatiques. Les Etats-Unis ont pris la décision de former une mission navale  internationale chargée de patrouiller le détroit d’Ormuz et le golfe Persique après plusieurs incidents impliquant des forces iraniennes avec des pétroliers étrangers. 

« Mike Pompeo et le chef du Pentagone, Mark Esper, ont rencontré dimanche à  Sydney leurs homologues australiens, respectivement Marise Payne et Linda Reynolds, dans l’intention de demander à Canberra son engagement dans le  détroit d’Ormuz aux côtés de Washington », ajoutent les mêmes sources.  

  Pour sa part, la ministre australienne de la Défense, Linda Reynolds,  a confirmé que les Etats-Unis sollicitaient l’aide de l’Australie pour faire face à Téhéran, mais qu’aucune décision n’avait encore été prise.       « La demande des Etats-Unis est sérieuse et complexe,c’est pourquoi nous examinons cette demande avec sérieux. En fin de compte, nous déciderons, comme toujours, de ce qui est dans notre intérêt souverain »,  a-t-elle souligné. 

L’Australie écarte l’idée d’accueillir des missiles américains sur son sol 

L’Australie a estimé lundi que l’idée  d’accueillir sur son sol des missiles américains n’était plus à l’ordre du jour, après des pourparlers avec les responsables des Affaires étrangères  et de la Défense des Etats-Unis. « Cela ne nous a pas été demandé, n’a pas été envisagé, ne nous a pas été proposé », a assuré le Premier ministre Scott Morrison, quelques heures  après le départ de Sydney du nouveau chef du Pentagone, Mark Esper, et du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. 

M. Esper a prévenu avant d’arriver samedi à Sydney pour une tournée d’une  semaine dans la région, que Washington souhaitait déployer rapidement en Asie de nouvelles armes conventionnelles de portée intermédiaire,  maintenant qu’il n’est plus lié par le traité INF dont il s’est retiré vendredi. MM. Esper et Pompeo ont participé dimanche à une réunion avec leurs  homologues australiens. 

La ministre australienne de la Défense Linda Reynolds a déclaré sur la  télévision publique ABC que la question avait été abordée durant sa rencontre avec M. Esper. « Je lui ai posé directement la question, +faut-il  s’attendre à une demande+ et il m’a dit +non+ ». 

La plupart des experts s’accordent à estimer que les missiles pourraient  être déployés dans les installations militaires américaines sur l’île de Guam dans le Pacifique.