L’affaire Lactalis porte un coup aux exportations françaises de lait infantile: Premier client, l’Algérie

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Photo conception L'Echo d'Algérie@

Soixante-sept pays sont concernés par les rappels de lait pour bébé de Lactalis, potentiellement contaminés à la salmonelle. Les exportations françaises de lait infantile, qui avaient connu un grand essor, risquent d’en pâtir. L’Algérie reçoit 12% des exportations françaises de lait pour bébé. L’Arabie saoudite quand à elle représente 7% du marché français, au même niveau que l’Allemagne. En Afrique, la Libye et l’Egypte sont aussi d’importants clients (avec 3% des achats). Le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Sénégal achètent chacun entre 1,5 et 2% du lait pour bébé exporté par la France, selon le Centre national de l’industrie laitière (CNIEL). Audelà des dégâts pour le groupe Lactalis luimême, c’est toute la filière française du lait pour bébé qui va devoir surmonter le scandale de cette bactérie, la salmonelle. La France mettait justement en avant son savoir-faire en matière d’hygiène et de tra- çabilité. Elle a exporté 160 000 tonnes de lait infantile en 2017, en hausse de 17%, selon Pierre Bégoc, expert chez Agritel. En 2015 le chiffre d’affaires était de 700 millions d’euros, 10% de la valeur de tous les produits laitiers exportés par la France, fromages inclus.

«Aucune trace de contamination en Algérie»

Celia Algérie qui appartient au groupe français Lactalis a réaffirmé, ce dimanche 14 janvier, «mettre tout en œuvre dans le rappel complet de ses laits infantiles depuis le 21 décembre 2017 par mesure de précaution» après l’éclatement du scandale des produits contaminés par la salmonelle en France. Dans son communiqué, l’entreprise assure toutefois qu’aucune trace de contamination n’a été découverte sur des produits Celia importés en Algérie. «Il est important de noter que les analyses menées par le Laboratoire régional vétérinaire de Tlemcen sur tous les produits importés par Célia Algérie, ainsi que toutes les contre-analyses faites par l’Institut Pasteur Algérie se sont révélées conformes. C’est-à-dire qu’aucune trace de contamination n’a été découverte sur des produits Celia importés en Algérie», souligne Celia Algérie. «La sécurité alimentaire de l’ensemble des consommateurs est notre priorité absolue et c’est pourquoi les équipes de Celia Algérie ont lancé ce rappel général par mesure de précaution, et sont entièrement mobilisées depuis le début de l’alerte afin de retirer les produits et informer les citoyens», poursuit l’entreprise qui rappelle que son «call-center dédié est toujours à la disposition des consommateurs». «Les produits rappelés, même entamés, pourront être rapportés pour leur remboursement», conclut le communiqué.

Retour sur la salmonellose, une infection relativement fréquente

Trente-cinq bébés ont été atteints de salmonellose depuis le début de la crise des produits Lactalis en France, entraînant le retrait de plus de 12 millions de boîtes produites par la société. Malgré les rappels, plusieurs lots se sont retrouvés sur les étals. Ce scandale sanitaire met également en lumière les salmonelles, des bactéries très présentes dans la nature, à l’origine de maladies le plus souvent bénignes, mais qui peuvent avoir de graves conséquences sur la santé des plus fragiles. On trouve les salmonelles en grande majorité dans le tube digestif des animaux. Elles font partie de ce qu’on appelle le microbiote intestinal. Ces bactéries survivent à basse température et même à la congélation.

En revanche, la cuisson leur est fatale. C’est pour cette raison qu’on en retrouve, notamment, dans les réfrigérateurs et sur les aliments froids. De bonnes règles d’hygiène permettent de s’en débarrasser, mais il peut arriver d’en ingérer. Lactalis a rappelé, en France et à l’international, de 720 lots de laits infantiles et autres produits «infantiles et nutritionnels fabriqués ou conditionnés dans le site de Craon (Mayenne) depuis le 15 février 2017.» Au total, 1345 références sont retirées des rayons pour risque de contamination à la salmonelle. Une enquête préliminaire est ouverte, le 22 décembre, par le pôle santé publique du parquet de Paris pour «blessures involontaires», «mise en danger de la vie d’autrui», «tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine» et «inexécution d’une procé- dure de retrait ou de rappel d’un produit d’origine animale ou de denrée en contenant préjudiciable à la santé». Alors que la situation semble sous contrôle, un article du Canard enchaîné vient jeter le trouble. Le journal assure, dans son édition du 3 janvier, que Lactalis Nutrition Santé a constaté l’existence des salmonelles sur les carrelages et du matériel de nettoyage dès le mois d’août 2017. Des résultats confirmés en novembre lors d’autocontrôles menés par Lactalis, un mois avant que le scandale n’éclate.