L’Algerie dans le dernier carré:  Les Verts investis d’une mission sacrée

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 Parfois, on ne sait pas par quoi commencer, après tant d’émotions. Après un match aussi intense au scénario si dramatique, il faut surtout rendre hommage aux joueurs qui ont fait preuve d’abnégation, de résilience et de bravoure.

Ils ont montré qu’en plus de leur talent, ils avaient aussi un mental solide qui leur a permis de passer l’obstacle ivoirien non sans mal laissant beaucoup de forces, d’énergie et des soldats impétueux gisant sur le champs de bataille. Mais c’est à ça que l’on reconnait les grandes équipes.Ceux qui croyaient que le match contre la Côte d’Ivoire allait être une simple formalité ont pu constater combien le football est capricieux. Ce n’est pas une science exacte et ne le sera probablement jamais. Les Eléphants auraient pu l’emporter sans que personne ne le conteste, tellement la rencontre s’est jouée sur des détails infimes. La chance a peut-être souri au plus entreprenant, au plus méritant, à celui qui en voulait le plus. La joie indescriptible affichée par Mahrez et ses camarades à la fin de la partie résume parfaitement tous les états par lesquels ils sont passés tout au long de la rencontre. Ils ne voulaient aucunement décevoir les grandes attentes d’un public qui n’a d’yeux que pour eux. Ils ne jouaient pas pour leur gloire, mais pour tous ces millions de personnes qui sont derrière eux. Comment pouvaient-ils trahir leur confiance ? Le désarroi de Baghdad Bounedjah pour ne pas avoir marqué, pour avoir raté un penalty qui aurait pu « tuer » le match, témoigne de la lourde responsabilité dont les joueurs se sentent investie. Il voulait demander pardon à tout le monde à ceux qu’il croisait sur son chemin… Pourtant, il n’a rien fait de mal. Il a raté un penalty comme l’ont fait avant lui d’autres joueurs plus prestigieux dans des circonstances encore plus dramatiques. Ce n’était finalement qu’un match qualificatif pour le dernier carré de la CAN. Que dire aussi de Youcef Atal blessé à l’épaule, meurtri en pleine crise de larmes pour ne pas avoir pu donner un coup de main à ses camarades lors de la fatidique séance des tirs au but. Le coach de la Côte d’Ivoire ne s’est pas trompé en déclarant à la fin du match que c’est une guerre que son équipe a livré et non pas une rencontre de football. Les Algériens se sentent apparemment investis d’une mission quasi sacrée qui dépasse largement le cadre du rectangle vert. Ce qui explique ces crises de nerfs, ces excès d’émotions. Ont-ils les épaules assez solides pour la supporter jusqu’au bout ? N’ont-ils pas perdu trop d’influx nerveux contre le Côte d’Ivoire, alors que se profile déjà la demi-finale face au Nigeria ? Les Verts n’auront pas beaucoup de temps pour se remettre de leurs émotions. Ils doivent remettre le couvercle ce dimanche au Caire, avec encore un autre défi plus grand à relever. En attendant, le coach national fera le décompte des blessés et des rescapés, comme un général qui vient de remporter une bataille mais pas la guerre. Son équipe sera attendue au tournant, les Nigérians de leur côté, motivent leur troupe en promettant des primes alléchantes aux joueurs. « Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, a promis de donner 50.000 dollars pour chaque but que l’équipe inscrirait en demi-finale de la CAN contre l’Algérie, dimanche au Caire », révèle le site français rmcsports. Et ce n’est pas tout, un autre homme d’affaires nigérian, magnat du pétrole a lui aussi décidé de récompenser les Super Eagles «à hauteur de 25.000 dollars par but inscrit pendant le restant de la compétition ». 

Les Verts, pour leur part, lutteront avant tout pour leur patrie. C’est le message qu’ils ont réussi à faire passer à travers leurs prestations héroïques depuis le début de la compétition. Il n’y a pas plus précieux et plus valeureux que le don de soi et le sacrifice pour son pays. Le reste, tout le reste passe au second plan.

Ali Nezlioui