Lamamra l’a affirmé hier depuis Moscou: Le président Bouteflika est prêt à transmettre le pouvoir

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 Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui a décidé de ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle, s’est dit « prêt à transmettre le pouvoir de manière ouverte et transparente au président qui sera choisi par ce scrutin », a déclaré le vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra.

« Le président Bouteflika a pris la décision de ne pas prendre part à cette élection et est entièrement prêt à transmettre le pouvoir de manière ouverte et transparente au président qui sera choisi par ce scrutin », a déclaré M. Lamamra lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov. L’opposition aura la possibilité de participer à l’organisation et au contrôle de l’élection au sein d’une conférence nationale chargée de réformer le système politique en Algérie, a ajouté M. Lamamra, précisant que « l’Etat algérien a réagi promptement à l’appel de la population et a proposé à toutes les parties intéressées (société civile, partis politiques…) de participer à cette conférence nationale inclusive ». Il a expliqué que « l’élection présidentielle se tiendra avec de nouvelles conditions: pour la première fois dans l’histoire du pays, pourront y prendre part tous ceux qui le souhaitent », a-t-il poursuivi, ajoutant que le scrutin « sera pour la première fois organisé sous l’autorité exclusive d’une commission électorale nationale indépendante ». « Après cela, l’opposition algérienne aura la possibilité de prendre une part plus active au travail gouvernemental », a-t-il ajouté. Il a affirmé, dans ce sens, que le gouvernement « a répondu aux attentes populaires qui s’expriment depuis plus de trois semaines à travers de grandes manifestations dans l’ensemble du pays », indiquant, par ailleurs, avoir remis au chef de la diplomatie russe un message du président Bouteflika au président russe Vladimir Poutine. M. Lamamra et son homologue russe ont mis en avant l’impératif du respect du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays. « L’Algérie et la Russie sont des pays amis. Nous avons les mêmes principes, dont le respect de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale des pays, de leur indépendance et de la non-ingérence dans leurs affaires intérieures », a-t-il déclaré. De son côté, M. Lavrov a indiqué avoir examiné avec M. Lamamra les problèmes internationaux dans le cadre du respect de la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays. « Il est particulièrement important que tous les pays respectent de façon sacrée les dispositions de l’ONU et s’abstiennent de toute ingérence dans les affaires intérieures de l’Algérie », a-t-il insisté. Interrogé sur une éventuelle similitude entre le printemps arabe et ce qui se passe en Algérie, il a indiqué que « le peuple algérien doit décider lui-même de son avenir et de son destin sur la base de la Constitution et dans le respect des règles du droit international ». « En ce qui concerne le rôle de nos relations entre la Russie et l’Algérie dans le maintien de la stabilité, bien évidemment dans cette région ce sont les pays eux-mêmes qui doivent entretenir cette stabilité et c’est l’appel que nous leur lançons », a-t-il poursuivi. Auparavant, Ramtane Lamamra, a eu un entretien, lundi à Rome, avec le président du Conseil des ministres italiens, Giuseppe Conte, durant lequel il a tenu à rassurer les partenaires internationaux de l’Algérie.  « J’ai été reçu longuement par le président du Conseil des ministres italiens, auquel j’ai remis un message écrit du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, entrant dans le cadre des consultations régulières entre nos deux pays fondées sur le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération », a déclaré M. Lamamra à l’issue de l’entretien. Il a indiqué avoir échangé avec M. Conte sur « l’actualité de l’Italie par rapport à la construction européenne et sur l’actualité de l’Algérie qui intéresse nos amis italiens ». « Ceux qui observent de loin notre réalité, ont le sentiment qu’il se développe une situation potentiellement porteuse de risques », a-t-il dit, ajoutant que l’Algérie « connue pour être exportatrice de paix, de sécurité et de stabilité, rassure ses partenaires internationaux sur le fait que ce moment privilégié de notre histoire est un moment qui se passe en famille ». « Il n’y a pas de préoccupation particulière pour nos partenaires internationaux et en tant qu’Etat et peuple, nous sommes profondément attachés aux principes de non-ingérence dans les affaires internes de notre pays », a-t-il mentionné.  « Nous rassurons nos partenaires et nous les invitons à continuer à développer notre partenariat mutuellement avantageux et à faire le travail diplomatique normal d’informations mutuelles, mais prenons garde à ce que des forces occultes, des ONG et des individus développent des intentions d’ingérence et d’intervention dans nos affaires internes », a-t-il souligné, assurant que dans ces conditions, « c’est toute la nation algérienne qui, comme une seule personne, s’opposerait à ce genre de velléités ». M. Lamamra a noté, en outre, que l’Italie est un pays partenaire « important » pour l’Algérie », ajoutant avoir saisi cette opportunité pour « faire le point des relations bilatérales, d’autant plus qu’il a été relevé que depuis 8 mois, l’Algérie n’est pas représentée à Rome par un ambassadeur et que cette situation sera rapidement corrigée », a-t-il affirmé. Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères a indiqué, par ailleurs, que « l’Etat algérien accompagne tout naturellement ce moment important de l’histoire de notre pays à travers les initiatives que chacun connait, à travers une grande écoute à l’égard de la jeunesse algérienne, qui exprime dans son style à elle et avec beaucoup de détermination et conviction, des aspirations, des exigences démocratiques, économiques et sociales ». « L’Etat algérien indique la voie du rassemblement de nos forces et la voie de la concertation, afin de bâtir, ensemble, la deuxième république que nous souhaitons tous réaliser comme cadre constitutionnel d’un nouveau système où la dignité de l’Algérienne et de l’Algérien sera pleinement respecté en toute circonstance », a-t-il soutenu. Pour M. Lamamra, cette dignité implique que « les aspirations soient satisfaites, que la jeunesse puisse voir ses exigences faire l’objet d’une mobilisation accrue de l’Etat algérien en termes de responsabilisation de cette jeunesse, de participation à la prise de décision, les jeunes devant être des artisans et des bénéficiaires essentiels de notre effort de développement comme de la vie politique de la nation ».