L’avenir est dans la terre

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    On parle de plus en plus d’agriculture pour remplacer le pétrole. Il était temps, sommes-nous tentés d’écrire. Il fut un temps lointain où l’on disait l’Algérie qu’elle était le grenier de l’Europe avant de devenir par on ne sait quelle malédiction, un gros importateur de céréales. Il faut dire que le secteur primaire jadis nourricier, a complètement été dévoyé depuis que les recettes pétrolières font office de revenu national. Une culture collective de la rente s’est peu à peu instaurée et l’écrasante majorité des Algériens a préféré recourir au système D, celui-là qui est fait de combines pour rapporter le plus, au lieu et place d’un travail à la sueur du front. L’exemple le plus significatif nous vient de cette nuée d’importateurs qui préfèrent l’achat et la vente du produit fini de l’étranger, plutôt que d’investir pour sa production. C’est plus facile, ça rapporte gros mais c’est fatal pour l’économie nationale. A une échelle plus réduite, de plus en plus de jeunes préfèrent les travaux faciles même s’ils sont illégaux, tels les parkings sauvages qui ont explosé de manière exponentielle ces dernières décennies. Des bandes de désœuvrés dont le seul travail consiste à porter un gourdin et à encaisser, gagnent par jour des sommes à donner le tournis au simple smicard. Comment veut-on que l’Agriculture qui manque cruellement de bras, se développe dans ce cas d’économie informelle? Au moment de la cueillette, de nombreux agriculteurs, faute de main-d’œuvre, recourent au travail au noir (sans jeu de mots) et emploient les subsahariens qui ne rechignent pas à la tâche que ce soit dans les champs ou dans le bâtiment où ils constituent avec les Chinois, le gros des travailleurs. Pourtant, disent les experts, l’agriculture est capable de relever tous les défis pour peu qu’elle soit développée de manière rationnelle et efficiente, c’est-à-dire qu’elle soit mécanisée et prise en charge par tout un staff spécialiste en la matière. Autrement dit, laisser ce secteur entre les mains des gens du domaine et non des fonctionnaires.