Le défi majeur du Président Abdelmajid Tebboune : Réussir la transition énergétique dans le cadre d’une vision stratégique

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Algerie: 13.12.2019 Conférence de presse de Abdelmadjid Tebboune tenue après l'annonce des résultats de l'élection présidentielle.

D’importants défis attendent l’Algérie imposés par le devoir de la sauvegarde de l’indépendance et la préservation de sa souveraineté nationale.  Les événements actuels doivent  trouver une solution rapide  afin d’éviter  une récession économique avec des incidences  dramatiques sur le plan social, souvent oublié avec le retour probable au FMI courant 2022.

L’Algérie ne peut continuer avec cette trajectoire économique suicidaire où tout repose sur la rente des hydrocarbures  et fonctionnant selon les lois  de finances 2019/2020 entre budget de fonctionnement et équipement sur un cours de 98/100 dollars le baril. Et un des défis majeur pour le président de la République,  Abdelmajid Tebboune est de réaliser la transition énergétique dans le cadre d’une vision stratégique. Mutations énergétiques mondiales et  structure des exportations d’hydrocarbures 2017-2018.  Depuis que le monde est monde,  l’énergie  autant que l’eau  est au  cœur de la sécurité des Nations unies, le monde s’orientant  2020/2030, inéluctablement vers un nouveau modèle de consommation énergétique fondé sur la  transition énergétique. Les dynamiques économiques modifient les rapports de force à l’échelle mondiale et affectent également les recompositions politiques à l’intérieur des États comme à l’échelle des espaces régionaux.  La transition énergétique renvoie à d’autres sujets que techniques, posant la problématique sociétale. Il ne suffit pas de faire une loi car le déterminant c’est le socle social Cela pose la problématique d’un nouveau modèle de croissance : tous les secteurs économiques, tous les ménages sont concernés : transport, BTPH ; industries, agriculture. Les choix techniques d’aujourd’hui engagent la société sur le long terme. Dès lors, la transition énergétique suppose un consensus social car la question fondamentale est la suivante : cette transition énergétique, combien ça coûte, combien ça rapporte et qui en seront les bénéficiaires La transition énergétique en Algérie est un choix  stratégique politique, militaire, et économique  pour assurer la sécurité énergétique du pays qui se fera progressivement, car il est incontestable que les gisements fossilifères du pays commencent à se tarir alors que la consommation énergétique nationale est en croissance importante et va continuer de l’être. En effet, l’Algérie à travers des subventions généralisées et mal ciblées est l’un des modèles les plus énergétivores en Afrique et en Méditerranée, avec un taux de croissance qui a atteint ou même dépassé les 14% par an pour l’électricité. Les prévisions de la CREG avaient annoncé des besoins internes entre 42 (minimum) et 55 (maximum) milliards de m3 de gaz naturel en 2019, alors que Sonelgaz prévoit, quant à elle, 75 milliards de m3 en 2030. En Algérie, il existe un véritable paradoxe : la consommation résidentielle (riches et pauvres payent le même tarif, idem pour les carburants et l’eau) représente 60% contre 30% en Europe et la consommation du secteur industriel 10% contre 45% en Europe montrant le dépérissement du tissu industriel, environ 6% du produit intérieur brut entre 2017/2019 selon l’ONS. Se pose cette question centrale, quel  sera le prix de cession du gaz de toutes ces unités mises  récemment installées, notamment engrais phosphate, sidérurgie  fortes consommatrices d’énergie ?   D’où l’importance pour l’Algérie d’avoir une stratégie collant aux nouvelles réalités énergétiques mondiales. Car avec les dérivées d’hydrocarbures Sonatrach assure en 2019 environ  98% des recettes en devises du pays, irriguant toute l’économie nationale : dépense publique qui détermine le taux de croissance, le taux d’emploi, le niveau des réserves de change et  l’audience internationale de l’Algérie.  .

 Pour le bilan des exportations hydrocarbures   de janvier à décembre 2018 de Sonatrach  SH) et de ses associés nous avons la structure suivante : le pétrole :  Sonatrach (SH)–- valeur 9,393 milliards de dollars -Pétrole associés , valeur 2,637 milliards de dollars ;  le condensat : SH     valeur 2,107 milliards de dollars – associés  valeur 0,426 milliards de dollar ; les produits raffinés : valeur 7,972 milliards de dollars, GPL : SH  valeur 3,007 milliards de dollars ; le  GPL :  associés valeur 0,371 milliards de dollars ;  le gaz  naturel-GN-  -volume en milliards de mètres cubes gazeux  37,721   valeur 9,123 – associés volume, 0,734 – valeur 0,177 milliards de dollars  et le  GNL : valeur 3,5 milliards de dollars, les associés représentant 9,35%, une stabilisation par rapport aux années passés montrant que  l’Algérie a   attiré peu d’investisseurs étrangers, ceci étant le chiffre d’affaire auquel,  il faut retirer les couts  pour  avoir le  profit net qui reste à Sonatrach. D’où l’importance de cinq axes directeurs que j’ai développés dans plusieurs interviews entre 2000/2018 les besoins électriques du nord et du sud de la Méditerranée sont complémentaires». améliorer l’efficacité énergétique par une nouvelle politique des prix (prix de cession du gaz sur le marché intérieur (environ un dixième du prix) occasionnant un gaspillage des ressources qui sont gelées transitoirement pour des raisons sociales,  dossier que j’ai dirigé avec le bureau d’études américain Ernest Young et avec les cadres du Ministère de l’Energie et de Sonatrach que j’ai présenté personnellement à la commission économique de l’APN en 2008, renvoyant à une nouvelle politique des prix ( prix de cession du gaz sur le marché intérieur environ un dixième du prix international occasionnant un gaspille des ressources qui sont gelées transitoirement pour des raisons sociales). C’est la plus grande réserve pour l’Algérie, ce qui implique une révision des politiques de l’habitat, du transport et une sensibilisation de la population. L’on doit durant une période transitoire ne pas pénaliser les couches les plus défavorisées.  A cet effet, une réflexion doit être engagée pour la création d’une chambre nationale de compensation, que toute subvention devra avoir l’aval du parlement pour plus de transparence. et tenant compte du revenu par couches sociales, impliquant une nouvelle politique salariale.

Contribution A. M.