Le pétrole entame 2018 sur les chapeaux de roues

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Les prix du pétrole débutent l’année 2018 à des sommets jamais égalés depuis deux ans et demi, dépassant, hier, largement les 67 dollars à Londres, place de cotation du pétrole algérien, le Sahara blend, qui se négocie à plus de 69 $, et audessus de 61 $ à New York.

Une progression qui contredit, en ce début d’année, les pronostics de certains courtiers qui tablaient sur un recul des prix, suite à la disparition de la principale cause du récent bond des prix, après la réparation du pipeline Forties en mer du Nord. Il faut dire cependant que les problèmes techniques ont laissé place, de nouveau, aux facteurs géopolitiques dont les tensions politiques en Iran. Le 3e plus important producteur de l’OPEP est, en effet, confronté à des manifestations populaires, ce qui contribue à la hausse des prix de l’or noir, même si les troubles en question n’ont eu aucune incidence directe sur la production de pétrole. Selon une analyse répercutée par l’agence Bloomberg, «cela ne veut pas dire pour autant, que les problèmes de l’Iran n’ont pas d’importance, car ils se produisent dans un contexte de tensions accrues avec l’Arabie saoudite». Quoi qu’il en soit, le marché était nettement réceptif, hier, aux facteurs géopolitiques, même s’ils sont exogènes. «Selon des représentants de l’industrie pétrolière en Iran, les violentes manifestations n’ont pour l’instant eu d’impact ni sur la production ni sur les exportations de pétrole du pays. Mais la situation pourrait évoluer, au cas où les Etats-Unis viendraient à imposer de nouvelles sanctions, voire remettre en question l’accord sur le nucléaire iranien», ce qui justifie une certaine prime de risque appliquée aux cours, ont expliqué des experts, cités par les agences de presse. Cependant, ajoutent les mêmes analystes, les cours du pétrole pourraient redescendre dans les prochains jours, en particulier, si les réserves de pétrole américaines s’étoffent. Il est à savoir qu’en raison des vacances de fin d’année, les données sur les réserves américaines de pétrole publiées chaque semaine par le département américain de l’Energie (DoE) ne seront connues qu’aujourd’hui, soit avec un léger décalage, et pourraient impacter les cours. Selon les prévisions des analystes interrogés par Bloomberg, les réserves de brut auraient baissé de 5 millions de barils la semaine dernière, tandis que celles d’essence se seraient étoffées de 2 millions de barils et celles de produits distillés de 500 000 barils. Il est à noter, par ailleurs, que le facteur le plus important et le plus tangible sur le marché du pétrole de 2018 reste, selon les experts, la quantité de pétrole extraite des bassins de schiste des Etats-Unis. Une progression trop importante pourrait remettre le cours du pétrole sur une courbe beaucoup moins vigoureuse que celle constatée en ce début de l’année 2018.