Le prétexte des armes chimiques

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    Le président français menace de «frapper» fort en Syrie s’il est établi que le régime utilise des armes chimiques contre la population. Nous sommes dans une sorte de remake, de déjà-entendu lorsque le président américain Georges Bush avait décidé de frapper l’Irak dont le régime de Saddam était accusé de massacrer sa population en utilisant des armes chimiques. Bien sûr, plus tard, on apprendra que c’était un gros mensonge et un prétexte pour attaquer l’Irak. Aujourd’hui, quinze ans plus tard, le Président Macron réitère les mêmes menaces et accuse directement Bachar de «crimes de guerre» ! Ainsi, au-delà des grossières manœuvres pour continuer à déstabiliser la Syrie comme ses prédécesseurs ont semé le chaos en Lybie, le président français s’attelle à appliquer une feuille de route tracée par des officines en charge du nouveau découpage -dépeçage- du Moyen-Orient afin de baliser le terrain à Israël. Mais enfin qu’est-ce qui autorise ces pays occidentaux de la mission de chasser du dictateur dans d’autres contrées ? A croire qu’ils sont des modèles de vertu et de démocratie et qu’ils se doivent de protéger les pauvres populations livrées aux exactions des dictateurs. Nous savons ce qu’il est advenu des peuples libyen, yéménite, irakien lorsque les dirigeants affiliés à l’Otan se sont mis en tête de les protéger. Aujourd’hui, confrontées à une violence inouïe des groupes terroristes et de clans se disputant le pouvoir, les populations -notamment les jeunes- ont opté pour l’exil et chaque jour la Méditerranée charrie les cadavres des infortunés réfugiés. Et l’Occident arrogant persiste dans son obstination à redessiner la carte du Moyen-Orient en offrant la région à l’Etat sioniste décidément très en verve. Sinon, en quoi la France estelle concernée par les souffrances du peuple syrien encourant le risque d’être gazé par les armes chimiques ? Cet altruisme sent le soufre à des milliers de kilomètres à la ronde. Soit la distance qui sépare Paris de Damas.