Le printemps arabe, sept ans après

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    Il y a de cela sept ans, naissait d’un événement dramatique, ce que tout le monde s’accorda à appeler le printemps arabe tant il charria les espoirs les plus fous, ceux-là qui consistaient à enfin entrer dans le monde interdit de la démocratie. «La révolution» qui démarra donc de Tunisie ne tarda pas à atteindre par un effet domino, d’autres pays, l’Egypte, le Yémen, le Bahreïn, la Libye et la Syrie dont les populations se soulevèrent pour chasser les gouvernements autoritaires et les dictateurs dont certains régnaient de main ferme depuis de nombreuses années. Mais les choses ne se passèrent pas comme prévu et si les présidents monarques ont été chassés ou même assassinés à l’image de Kadhafi dont la mort fait toujours l’objet de troublantes révélations, ce sont surtout les mouvances islamistes qui ont pris le train en marche, qui se sont donc engouffrées dans les grands changements. Sept années après, les pays touchés par le printemps en sont à regarder les dégâts. 1,4 million de morts, 15 millions de réfugiés, près de 1 milliard $ de dégâts… sans parler des traumatismes et des très nombreux déplacés. Le président égyptien parle de forces obscures qui ont volé le rêve de toutes les populations et, comme pour conforter ses dires, de graves révélations font état de sérieux coups de main d’un occident plus enclin à s’accommoder avec des gouvernants islamistes que démocrates. Ce qui se passe en Syrie renseigne on ne peut mieux sur les desseins des grandes puissances mondiales et il est quand même sidérant de trouver sur le même terrain de manœuvres la Turquie d’Erdogan en charge de chasser les Kurdes, Israël soit disant en train de combattre Daech, le tout avec la bénédiction des Etats-Unis. Entre temps, pendant ces sept années, les usines d’armement ont bien fonctionné, des budgets effarants ont été consacrés à la guerre et l’humanité voit se rejouer un scénario vieux comme l’impérialisme.