Le projet connait des retards-Livraison dans quelques semaines de la 1re section de la pénétrante Béjaïa-autoroute Est-Ouest

0
1303

Très attendue par les usagers de la route qui souffrent des interminables bouchons, la péné- trante routière reliant Béjaïa à l’autoroute estouest, au niveau d’Ahnif, dans la wilaya de Bouira, sur 100 km, connait des retards et sa réception est à chaque fois ajournée. Alors que la première section, Ahnif – Akbou, sur 42 km, devait être livrée le 20 août 2016, puis le 1er novembre de la même année, il va falloir apparemment patienter davantage si on croit les dires du directeur général de l’Agence nationale des autoroutes qui assure que ses services avaient l’intention de la mettre en service à la fin de ce mois de janvier si ce n’est les intempéries qui ont freiné les travaux pour plusieurs jours. «Nous avons fixé pour objectif de livrer en premier lieu ce premier tronçon dit section prioritaire. Elle connait un taux d’avancement très appréciable. À la base, nous avions voulu la mettre en service d’ici la fin ce mois de janvier. Malheureusement, les conditions climatiques nous ont un peu perturbés. Il nous reste un travail de deux ou trois semaines et dès qu’il y aura une accalmie, les usagers bénéficieront de cette section», a assuré Ali Khelifaoui dans une interview accordée au site d’information électronique TSA. Révélant que le coût du projet s’élève à plus de 100 milliards de dinars, soit un milliard de dinars le kilomètre, le DG de l’ANA rappelle que les travaux de cette pénétrante ont été subdivisés en trois sections «homogènes». «La première relie donc Ahnif-Akbou, la deuxième, longue de 26 km, relie Akbou à Amizour, et le dernier tronçon joint Amizour au Port de Béjaïa sur 32 km», a-t-il expliqué, affirmant que la seconde priorité sera de livrer la deuxième section Akbou – Amizour au niveau de laquelle se trouve un tunnel de 4,7 kilomètres de long. «Cette section connait un taux d’avancement appréciable évalué à 50%. Pour la troisième section, elle nous présente encore certaines dif- ficultés sur le plan technique où nous sommes attelés à faire des études de détail pour lever toutes les contraintes», a concédé Khelifaoui. C’est dire que la réception du projet n’est certainement pas pour demain ! Et d’enchaîner à propos du retard : «Il faut relativiser la notion du retard. Sur le plan technique, le projet ne connait pas de retard. Néanmoins, les données du terrain nous ont poussés à revoir certaines échéances en raison de la spécificité du terrain traversé, notamment au niveau de la dernière section Amizour – Port de Béjaïa où nous traversons une zone très instable, inondable qui est caractérisée par un sol compressible. Cette donne nous a poussés à revoir les études en détail et de faire des expertises approfondies. Le deuxième point, c’est la problématique de la libération de l’emprise. Aujourd’hui, nous avons trouvé des solutions à ces problèmes». Interrogé sur le problème lié à l’expropriation, le DG de l’agence nationale de l’autoroute reconnait que le projet traverse un couloir «assez spécifique», en l’occurrence le long de la plaine de la vallée de la Soummam et rappelle que cette région est relativement habitée d’une part et d’autre part, ça traverse des vergers, des fermes et des zones agricoles qui ont obligé à employer des moyens «appropriés». «Les projets routiers ont leur spécificité dans la mesure où il s’agit de projets linéaires. Sur 100 kilomètres, nous rencontrons sur le plan géologique tout ce qui est imaginable. Pareil pour les contraintes. C’est totalement différent des projets ponctuels», a-t-il ajouté à propos des contraintes rencontrées. Cette situation engendre-t-elle des surcoûts pour le projet ? Khelifaoui le dit à demi-mot. «Au lancement effectif des travaux de tout projet, les données de terrain changent dans la mesure où l’étude du projet a été réalisée 4 ou 5 ans auparavant. J’ajoute qu’il s’agit souvent de zones très dynamiques qui évoluent à une vitesse importante, notamment sur le plan de l’expropriation où un propriétaire peut vendre son terrain entre-temps par exemple», a-t-il expliqué en rappelant que la réglementation algérienne protège la propriété privée, ce qui est une «très bonne chose». «Il faut que nous, les administrations, prenions une action bien en amont qui permettra de lever toutes ces difficultés et entraves. Quand nous faisons une évaluation d’un délai, nous la faisons d’une manière purement technique, occultant tout ce qui vient en amont et qui impacte fortement la réalisation de ce genre de projets», a-t-il relevé avant d’évoquer un autre projet aussi important, en l’occurrence la pénétrante qui relie le Port de Djendjen de Jijel à l’autoroute estouest, au niveau d’El Eulma (Sétif), en cours de réalisation. Taux d’avancement de 20% de la pénétrante Djendjen – El Eulma Longue de 100 km, et traversant trois wilayas, Jijel, Mila et Sétif, elle a été confiée à un consortium algéro-italo-turc. Et selon le DG de l’ANA, le plus dur est surmonté en termes de difficultés. «C’est un projet qui traverse une région assez difficile sur tous les plans, notamment sur le plan topographique. Au départ, nous avons fait face à certaines difficultés, mais maintenant toutes ces difficultés ont été assainies. Le projet est entré dans sa vitesse croisière. En termes d’études, nous avons finalisé à 60% les études de détail et nous évaluons de l’ordre de 20% le taux global d’avancement du projet», a-t-il confié. Khelifaoui a indiqué à propos des projets phares qui sont en cours de réalisation que le premier objectif était de permettre de «créer» des liaisons «rapides» entre les différents ports algériens et les grandes agglomérations pour les relier à l’autoroute est-ouest. «On peut totaliser 13 péné- trantes sur 900 kilomètres qui sont en cours de réalisation. S’ajoutent à cela deux axes importants, à savoir la transformation de la RN 1, appelée aussi la route transsaharienne, en axe autoroutier et la 4e rocade qui relie Khemis Miliana à Bordj Bou-Arréridj pour permettre de soulager la section autoroutière du grand Alger», a-t-il fait savoir. A