L’ection présidentielle du 12 décembre: Le vote à l’étranger et dans les bureaux itinérants se poursuit dans de bonnes conditions

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L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a assuré, ce mercredi, que le vote de la communauté nationale établie à l’étranger ainsi que dans les bureaux itinérants, pour l’élection présidentielle du 12 décembre, se poursuivait de «manière régulière» et «dans de bonnes conditions».

Mohamed-Chérif Belmihoub, membre de l’ANIE, a souligné que le vote de la communauté nationale établie à l’étranger, qui a débuté samedi dernier, et celui des bureaux itinérants, entamé lundi, se poursuit de «manière régulière» et «dans de bonnes conditions, conformes à la loi électorale». Précisant que l’ANIE n’a enregistré «aucune interférence» de la part de l’administration dans le processus électoral, le même responsable a indiqué, sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio nationale, que «le taux de participation enregistré, jusqu’à hier à 16h, au niveau de la communauté nationale établie à l’étranger a atteint les 20%, tandis que celui des bureaux itinérants a dépassé les 30%». Affirmant que l’opération de vote continuera demain jusqu’à 19h, le représentant de l’ANIE a, en outre, dressé un premier bilan sur les manifestations qui ont eu lieu devant les centres de vote à l’étranger pour empêcher les électeurs de se rendre aux urnes afin d’élire le futur président de la République parmi les cinq candidats en lice. Minimisant leur ampleur, il a précisé à ce propos que le vote s’est déroulé dans des «conditions acceptables» dans les quatre circonscriptions installées en France, notamment dans le sud, au Centre (Lyon), la région parisienne et le nord.   Rappelant que 914 308 électeurs algériens établis à l’étranger sont inscrits dans les fichiers des consulats, Belmihoub a affirmé que sur ce nombre, près de 75% des électeurs vivent en France, dont 50% sont enregistrés dans la région parisienne. «Nous avons eu trois cas de bureaux violés, à savoir Blois, Malakoff (Paris) et à un degré moindre à Bobigny. Des manifestants ont saccagé des bureaux de vote, mais les services diplomatiques ont rapatrié les bureaux de vote vers des consulats pour mieux sécuriser l’opération», a-t-il fait savoir invitant à l’occasion les manifestants hostiles au scrutin à «respecter les règles de la démocratie de laisser les électeurs s’exprimer librement». Au sujet de l’organisation du vote dans le pays, le représentant de l’ANIE a souligné que «toutes les dispositions ont été prises pour le bon déroulement du scrutin». Au plan organisationnel et logistique, l’intervenant a mis en avant les moyens technologiques acquis par l’ANIE et qui permettent la transmission immédiate des procès verbaux (PV) des commissions communales et de wilayas vers le Conseil constitutionnel et le siège central de l’ANIE. A ce propos, il a assuré que «toutes les garanties de transparence et d’équité de traitement des candidats en lice sont garanties pour élire un président avec toute la légitimité requise». «L’administration est exclue dans ce processus», a-t-il encore relevé, assurant que «le pouvoir de décision revient intégralement à l’ANIE, seule instance habilitée à organiser cette élection». Interrogé sur les missions et priorités du futur président de la République,  Belmihoub a cité en particulier la nécessité de «lancer des réformes politiques et économiques profondes afin d’éviter le risque de se voir reproduire un 2e Hirak qui provoquera d’autres crises». «Le futur président doit organiser la transition», a-t-il préconisé, mettant l’accent, dans ce contexte, sur la situation politique et économique que traverse actuellement le pays. L’ambiance reprend ses droits au 5e jour du scrutin  de la communauté algérienne Coïncidant avec la commémoration du 11 décembre 1961, la 5e journée du scrutin pour l’élection présidentielle du 12 décembre 2019, dans la région de Marseille, a enregistré un intérêt avéré à ce rendez-vous marqué dès le début par des tentatives de certaines personnes d’entraver son bon déroulement. Dès la matinée, au Parc Chanot, un parc des expositions situé dans le 8e arrondissement de la cité phocéenne, une ambiance «particulière» s’est installée pour donner un caractère festif à cet évènement. Ainsi, des chants patriotiques, youyous, cris pour que vive l’Algérie et même des pleurs ont fusionné. Vêtue de tenue traditionnelle typique de l’Algérois, emmaillotée dans un haïk à la pure tradition algérienne et arborant l’emblème national, une femme fait irruption au Parc Chanot, fusant de longs youyous. Un quinquagénaire la rejoint en criant son amour et son attachement inébranlable pour le pays.     Il a expliqué que «nul ne pouvait l’empêcher d’exercer son droit, d’ailleurs personne n’a osé», avait-il précisé, soulignant que le nombre d’»opposants» devant le centre de vote, s’est réduit rapidement face à la «détermination et la ténacité» des partisans d’une Algérie nouvelle. Même son de cloche chez cette dame qui a tenu à préciser qu’elle est issue de famille de moudjahid. «Je suis rentrée d’Algérie, hier, je suis venue exercer mon droit (…) je n’ai pas céder aux intimidations des quelques personnes à l’extérieur, Mieux encore j’ai eu un échange avec ce groupe pour les inciter à changer de vision», a-t-elle souligné. Pour Fatma. K. (62 ans) qui s’enorgueillit d’avoir mis son enveloppe dans l’urne, raconte qu’elle a tenu à accompagner son vieux mari. Car ce qu’elle «voit et entend concernant l’Algérie lui déchire le cœur». Toutefois, elle dit que «cet acte civique est loin d’être une histoire de famille», regrettant le fait qu’hormis, elle et son compagnon de toujours, «on ne vote pas chez elle». Elle précise : «mes quatre garçons ne s’opposent pas à l’élection mais juste qu’ils sont abstentionnistes». Une phrase qui sonne comme une mise au point.

Pour sa part, son époux garde un optimisme mesuré, notant qu’il y a encore deux jours avant la clôture du scrutin, suffisants, selon lui, pour convaincre au moins les deux premiers à venir voter, car, dit-il, «pour les deux plus jeunes c’est peine perdue». Chahrazed Setiter, animatrice à la radio communautaire Gazelle, affiche, de son côté, une mine des grands jours. Et pour cause, son engagement personnel depuis plusieurs semaines n’a pas été vain, le flux de votants «porte à l’espoir». Depuis l’annonce du processus électoral, elle s’est engagée à aller vers les électeurs, dans les marchés, faire du porte à porte et à travers les ondes de la radio à travers des messages de sensibilisation. Plus de 65 000 ressortissants algériens établis à Marseille sont inscrits sur les listes électorales. 18 bureaux sont mis à leur disposition pour accomplir leur devoir au niveau du Parc Chanot au centre-ville.   Le corps électoral à l’étranger compte 914 089 électeurs répartis sur 60 centres et 395 bureaux de vote. On compte également 114 commissions électorales au niveau des consulats et des missions diplomatiques, 8 coordonnateurs de l’ANIE à l’étranger à travers 8 zones géographiques et 27 délégués de l’ANIE à l’étranger.