L’Edito: Le Liban, bouc-émissaire

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    Le beau pays du cèdre serait-il le bouc-émissaire des ambitions de l’Arabie Saoudite ? Celle-ci ayant vu lui échapper la Syrie avec la défaite cuisante de Daech, veut régler son compte à l’Iran et le Hezbollah, ces derniers remparts à la mainmise d’Israël. La démission du Premier ministre libanais qui, rappelons-le, jouit de la double nationalité, libanaise et… saoudienne, le rappel de tous les citoyens saoudiens résidant au Liban, sont indiscutablement les prémisses d’une autre guerre que va livrer le royaume et sa coalition. Cet engrenage intervient avec la nomination du prince héritier Mohamed Ben Salmane qui veut réformer profondément les mœurs du royaume et régler ses comptes avec le vieil ennemi idéologique, l’Iran. En ouvrant un autre front après celui du Yémen, l’Arabie saoudite, sans doute confortée par ses alliés du Qatar, des Emirats, du Koweït, compte certainement en finir avec l’Iran. C’est ce que croit le prince belliqueux, nouvel homme fort du royaume. C’est gravement sous-estimer la puissance de frappe du pays des Ayatollahs qui, ne l’oublions pas détiennent l’arme nucléaire. C’est dire le guêpier dans lequel va sûrement tomber l’Arabie saoudite même si elle dispose de l’armement américain. Pendant ce temps, les chancelleries occidentales connaissent une sorte de fébrilité vis-à-vis du conflit annoncé. A l’évidence, leurs porte-paroles appellent à la retenue et tentent de calmer le jeu. Mais une autre guerre n’est pas faite pour déplaire aux puissants trusts de l’armement US et aux usines de bombardiers français. D’autant plus que celle qui eut pour théâtre la Syrie, est en train de s’achever par une victoire sur toutes les nébuleuses terroristes dont Daech financé par le royaume wahhabite. Celui-ci a donc une revanche
    à prendre et c’est à un jeune prince sans expérience que la tâche est confiée. Malheureusement, c’est le Liban qui va payer la note.