Les contrevérités de Marianne

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    Le magazine Marianne (24 février/2 mars) fait dans le révisionnisme primaire en publiant une tribune qui s’en prend violemment à la déclaration du candidat Emmanuel Macron à Alger. «La colonisation a été un crime contre l’Humanité». L’auteur de ce brûlot, un certain Michel Renard qui se présente comme historien, écrit entre autres contrevérités : «On perçoit bien la violence d’une domination de peuplement et la victimisation des indigènes qui n’ont pas les moyens de résister, mais l’imposition de ce rapport de forces ne saurait être qualifié de génocide». Il n’y a pas non plus de génocide culturel puisque «les Arabes algériens ont conservé leur religion, l’islam», renchérit-il plus loin en précisant que la colonisation française en Algérie n’est pas du tout comparable à la Shoah. Là, nous sommes en pleine ligne éditoriale de ce magazine qui se vante de «sa radicale indépendance, son aspiration à une révolution humaniste pour replacer l’homme au centre…», est-il écrit dans le même numéro. En effet, il ne se passe pas un numéro où Marianne ne publie un article sur le génocide juif avec cependant assez de distance et de subtilité pour ne pas verser dans le sionisme. On le comprend dès lors qu’on jette un coup d’œil sur la composante de la rédaction juive dans son écrasante majorité, ce qui ne veut pas dire qu’elle est sioniste, mais comme on dit chez nous, «le sang est solidaire». Tout le monde n’est pas Noam Chomsky, ce juif franchement antisioniste, interdit d’entrée en Israël. Mais que ce magazine qui se dit pas comme les autres, indépendant des grandes puissances financières, fasse dans le négationnisme d’un des plus grand génocides de l’Histoire en s’en prenant à tous les historiens qui ont pris fait et cause pour la vérité, à l’instar d’Olivier Le Cour Grandmaison jugé trop partial lorsqu’il compare la colonisation à l’extermination d’Auschwitz, «une entreprise idéologique frauduleuse» selon Marianne. Les juifs victimes de la Shoah sont les victimes de crimes contre l’Humanité et les Algériens exterminés dans les douars, sont une œuvre de civilisation. La guerre d’Algérie n’est pas finie