les Islandais Eurovision 2019: Affichent leur soutien à la Palestine en plein direct en Israël

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L’Eurovision de la chanson européenne, organisé cette année dans l’État d’occupation israélienne, a été surpris, hier soir, par la levée des membres de l’équipe islandaise du drapeau de l’État de Palestine, exprimant sa solidarité avec la cause palestinienne, au moment de l’annonce du vainqueur de la compétition.

Les scènes du choc ont semblé claires aux commanditaires du concert et au public « israélien », tandis que les organisateurs de la cérémonie ont détourné l’attention des téléspectateurs sur la vérité de ce qui s’est passé et les agents de sécurité ont saisi les drapeaux de l’équipe islandaise.

La chanteuse Madonna est également apparue avec le drapeau palestinien

Il est à noter que le concert annuel de chansons européennes, qui s’est tenu cette année sous l’occupation israélienne, a coïncidé avec le lancement de l’agression israélienne sur la bande de Gaza, qui a tué 25 palestiniens, causé des dizaines de blessés et bombardé plusieurs quartiers habités.

En réponse à l’agression israélienne, les factions de la résistance palestinienne ont bombardé un certain nombre de villes de l’occupation et colonies de peuplement entourant la bande de Gaza, en plus des activistes du mouvement de boycott de l’occupation ( BDS) qui ont organisé des campagnes de sensibilisation visant à mettre la lumière sur les crimes de l’occupation israélienne commis contre l’humanité et contre les civils palestiniens.

Les membres du groupe Hatari ont brandi des écharpes aux couleurs de la Palestine durant la cérémonie de la 64e édition du concours international de la chanson qui se tenait samedi soir au Convention Center de Tel-Aviv en Israël.

Le groupe d’Electronicore islandais a brandi les drapeaux des fiertés LGBT et de la Palestine lors de l’édition 2019 du concours de chansons qui s’est tenu samedi 18 mai en Israël.

Le groupe islandais Hatari étonnait déjà de par son style musical, l’Electronicore, et ses costumes de scène aux allures sado-maso. Mais s’ils ont attiré l’attention, lors de l’édition 2019 de l’Eurovision qui se déroulait en Israël ce samedi soir, c’est à la suite de séquences indépendantes de leur prestation scénique: lors de la présentation des groupes, ils ont d’abord brandi le drapeau des fiertés LGBT+ et celui de la fierté transgenre. Puis, lors de l’annonce des résultats, deux banderoles aux couleurs du drapeau palestinien. Quelques minutes après la fin de l’émission, le drapeau palestinien était également posté sur le compte Instagram du groupe.

Des gestes politiques interdits par le règlement de l’Eurovision, mais tout à fait prévisibles. Le groupe, créé en 2015 et composé de trois membres, lemens Nikulásson Hannigan, Matthías Tryggvi Haraldsson and Einar Hrafn Stefánsson, n’a en effet jamais caché ses prises de position en faveur de la Palestine, ni son hostilité à l’égard de Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien. En plus de se présenter comme ouvertement anti-capitaliste.

Les membres du groupe Hatari ont profité d’un court moment où ils étaient filmés pendant le décompte des points du concours organisé à Tel-Aviv pour brandir des écharpes palestiniennes.

«En tant que participants à l’Eurovision, nous avons le pouvoir de dénoncer l’absurdité d’organiser un tel concours dans un pays marqué par le conflit et la désunion», affirmaient d’une seule voix Klemens Nikulásson Hannigan, Matthias Tryggvi Haraldsson et Einar Hrafn Stefánsson, les trois membres d’Hatari. Ce projet musical techno punk rock formé en 2015 se revendique anticapitaliste et antisystème. Après la victoire de Netta Barzilai en 2018, certains d’entre eux avaient signé une pétition en ligne appelant au boycott de l’Islande à l’Eurovision organisé en Israël. Mais paradoxalement, ils s’étaient inscrits et avaient remporté, en mars dernier, les sélections islandaises avec le titre Hatrid Mun Sigra (La haine vaincra).

Menacés d’interdiction d’accès au territoire israélien en raison de leur prise de position pro-palestinienne, les trois Islandais ont finalement pu venir à Tel-Aviv et participer normalement à l’Eurovision. «Vous signez un contrat qui stipule que nous n’êtes pas autorisé à faire de la politique durant la compétition», avait confié Matthías Haraldson à Independent avant de s’envoler pour Israël. «Mais si quelqu’un pense pouvoir se rendre à Tel-Aviv sans exprimer un message politique, il a totalement tort. C’est un paradoxe. Toutes les chansons qui seront interpretées durant le concours heurteront la sensibilité de beaucoup de gens à cause du contexte dans lequel il va se dérouler et des critiques légitimes que beaucoup expriment.»

Vers 0h55 dimanche, alors que les animateurs Bar Refaeli et Erez Tal étaient en train de communiquer les points attribués à chaque pays par les téléspectateurs, les membres du groupe Hatari ont passé outre les consignes  en ne respectant pas le règlement. À l’Eurovision, la consigne est claire: le concours ne doit pas servir d’outil de propagande. Mais les Islandais s’en sont affranchis en montrant devant les caméras plusieurs écharpes affichant leur soutien à la Palestine. Une séquence furtive, le réalisateur ayant très rapidement changé de plan pour revenir sur les présentateurs de la soirée, copieusement sifflée par le public.

                                                                                   Ahsene Saaid /CIP