Ligue 1: Ces joueurs qui partent pour des miettes

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Même si nos joueurs et des plus jeunes s’exportent de plus en plus, il faut dire qu’ils partent pour une bouchée de pain, si ce n’est gratuitement. L’essentiel pour eux est de quitter la morosité d’un championnat dans lequel ils ont de plus en plus de mal à s’exprimer.

Tout les encourage à partir quitte à se faire brader. Les étrangers ont flairé le bon coup, n’hésitant pas à venir faire en toute quiétude leurs emplettes dans le marché algérien. L’on pense, notamment à nos voisins tunisiens dont la nouvelle réglementation proposée par l’UNAF et adoptée par la FTF, leur permet de recruter autant de footballeurs nord-africains qu’ils le désirent. Parfois, ils n’ont même pas besoin de se déplacer, ce sont les joueurs qui viennent frapper à leur porte souvent accompagnés par leurs dirigeants. Le joueur algérien a acquis, ces derniers temps, la réputation d’être un produit très abordable et qui peu rapporter gros. Un investissement minimum pour une rentabilité qui pourrait être décuplée. Les dividendes exceptionnels pour peu de risque. En somme, c’est l’eldorado pour les recruteurs étrangers. Dans ce registre, l’exemple du PAC illustre bien l’exode systémique parfois bien organisé de nos joueurs. Les dirigeants du club banlieusard proposent à des agents ou à des clubs étrangers, le prêt gratuit de leurs grands espoirs. Les recruteurs n’auront rien à payer excepté un salaire dérisoire pour le joueur. Mais en cas de transfert dans un autre club, le Paradou récupère 70% du prix de la vente. Si le joueur ne convainc pas il retourne à son club formateur qui essayera ensuite de le placer ailleurs. Dans le pire des cas, il sera prêté à une grosse cylindrée du championnat sachant que les footballeurs du Paradou ont la cote et sont très demandés localement. Une politique qui a fait ses preuves, même si elle est quelque part humiliante. C’est pour cette raison que le footballeur algérien est déprécié. C’est en quittant le pays qu’il prend concrètement de la valeur. Combien de joueurs sont partis sur la pointe des pieds pour faire ensuite le bonheur de leurs clubs étranger, à l’image de Baghdad Bounedjah, Youcef Belaili ou encore Karim Aribi, pour ne citer que ceux-là. Les grands perdants sont évidemment les clubs algériens ne récupérant que des miettes sur le transfert de leurs joueurs. C’est ce qui va vraisemblablement se produire avec la nouvelle étoile montante du football algérien, Isshak Boussouf. A 18 ans, celui que l’on compare déjà à Riyad Mahrez et auquel on promet une grande carrière, quittera certainement cet été son club formateur l’ESS. Sa prochaine destination sera en principe la Belgique, plus précisément à Lommel (D2), un club satellite de Manchester City, où il devrait signer un contrat de 5 ans. Il sera aussitôt prêté à un club de première division belge dans l’espoir de rejoindre plus tard Man City. A condition qu’il fasse ses preuves d’ici là. Ce qui n’est pas évident. C’est un investissement parmi tant d’autres sur les jeunes espoirs. S’il confirme son talent tant mieux, sinon il sera cédé pour un club plus modeste. C’est la politique prônée par pratiquement toutes les grosses écuries du continent européen. Mais là où le bât blesse, c’est que n’en récoltera qu’une petite somme, moins d’un million de dollars pour le transfert de son prodige. Un million de dollars, ça peut paraître beaucoup chez nous, mais ce n’est rien par rapport à la valeur réelle de Boussouf. Si nos clubs ne s’imposent pas sur le marché, ils se feront toujours «manger» et resteront malheureusement au bas de l’échelle.

Ali Nezlioui