Ligue 1: Championnat, dites-vous !

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On savait le niveau de notre championnat faible, mais cette saison il faut dire qu’il a dépassé les limites de ce que l’on peut supporter. Exécrable, épouvantable, les termes sont faibles pour le qualifier. Il est devenu plus qu’une purge, carrément une flagellation pour le pauvre téléspectateur derrière son petit écran.

Il faut être vraiment masochiste pour regarder un match jusqu’au bout. Ce qui était considéré comme des affiches qui passionnaient les foules par le passé, n’ont plus aucun attrait. Rien que des parties de pousse-ballon, où l’ennui et l’insipidité le disputent à la chicane et à la médiocrité. C’est affligeant comme spectacle et l’on se demande parfois de l’intérêt de poursuivre ce massacre. Depuis le début du championnat, aucune rencontre n’a été digne d’intérêt ou a suscité l’enthousiasme des puristes. Rien qui marque vraiment les esprits. Ce que l’on retient en revanche, ce sont ces comportements anti-sportifs, cette tendance à perdre du temps en se roulant par terre au moindre contact. Les arrêts de jeu se multiplient avec la bénédiction d’un arbitrage complaisant. Si le temps de jeu réel d’un match de football dure entre 57 et 60 minutes en moyenne, chez nous il faut le diviser par deux, voire plus. Ce qui explique la pauvreté du spectacle et le manque de rythme apparent lors de ces rencontres. On a la sensation de rester sur notre faim. Plusieurs facteurs et paramètres font que le niveau soit tout le temps tiré vers le bas dans le championnat de la Ligue 1. Il y a d’abord l’instabilité chronique au niveau des staffs techniques. La moyenne de vie d’un entraîneur dans un club ne dépasse pas six mois. A titre d’exemple, cette saison la majorité écrasante des équipes de l’élite ont changé de coach au moins une fois. Même le leader actuel et son dauphin l’ont fait. Ce qui traduit un mal profond qui ne s’explique pas uniquement par les mauvais résultats. L’autre raison principale de cette régression générale est l’exode massif des meilleurs joueurs du championnat vers l’étranger qui a pris des proportions alarmantes ces derniers temps. Le championnat s’est vidé de sa substance au moment où les clubs s’appauvrissent de plus en plus au point de ne plus pouvoir retenir leurs éléments. Un phénomène qui devrait se poursuivre dans les mois à venir, car l’on sent une volonté réelles chez les dirigeants, de reprendre les choses en main. La réalité de notre football est désastreuse pour ne pas dire désespérante. Même sur le plan des infrastructures, il est complètement dépassé. Nos stades ne sont plus conformes ne garantissant pas les conditions pour la haute performance. Des pelouses à la limite de la praticabilité, des tribunes vétustes n’offrant aucun confort pour le spectateur. On se croirait encore dans les années 70. On est devenus jaloux de nos voisins dont les stades sont de plus en plus animés avec une présence de plus en plus remarquée et nombreuse de la gent féminine. Chose encore inimaginable chez nous. Et si notre problème était d’abord culturel ? On n’arrive toujours pas à se départir des pratiques d’un autre temps. On n’ose pas franchir le pas, ce qui nous condamne à vivre dans le passé. La preuve, nos équipes évoluent toujours dans des stades construits au temps du colonialisme.

Ali Nezlioui