Ligue 1: MCA, un géant aux pieds d’argile

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Quelques mois seulement. C’est la durée qu’a tenue Bernard Casoni à la tête de la barre technique du MCA. En sursis après le nul concédé à Bologhine face au CRB, principal concurrent dans la course au titre, et décrié par une frange des supporters, le sort du technicien français a été scellé avant-hier suite à la sévère défaite enregistrée la veille par son équipe à Sidi Bel-Abbès (1-3).

A moins d’un revirement de situation improbable, Casoni ne dirigera plus le onze mouloudéen. Du moins cette saison. Un destin inéluctable pour l’ancien joueur de l’Olympique Marseille, qui a pourtant fait du bon boulot au sein du club lors de son premier passage avant d’être limogé abusivement. Son retour au Mouloudia durant l’intersaison avait fait d’ailleurs l’unanimité chez les supporters, mais aussi au sein de la direction. Tout le monde pensait qu’avec un effectif plus riche et plus dense, cette année, il allait casser la baraque avec le MCA. Les débuts ont été d’ailleurs très prometteurs et confortaient cette idée. Son équipe caracolait en tête du classement grâce notamment à une belle série d’invincibilité. Mais un petit grain sable est venu enrayer la belle machine. Un revers surprenant et retentissant au stade du 5-Juillet face à la JSK (0-3) a suffi pour jeter le discrédit sur tout le groupe. Depuis, rien ne va plus. Les mauvais résultats s’enchaînent et la confiance s’est volatilisée. Il fallait trouver un bouc-émissaire pour le sacrifier sur l’autel de la déraison. Le coach était tout désigné. Le directeur général du club, Fouad Sakhri, a été le premier à lâcher son entraîneur. «Si on doit limoger Casoni, on le fera dans l’intérêt du club», a-t-il déclaré à la veille de la rencontre contre l’USMBA. Il était évident qu’après une telle sortie médiatique, Casoni ne pouvait plus poursuivre sa mission au Mouloudia. Son départ était acté. C’était juste une question de temps. D’ailleurs, ses potentiels successeurs se bousculent au portillon. L’on parle du Marocain Rachid Taoussi, de Tunisien Zelfani, mais aussi de l’Espagnol Miguel-Angel Portugal Vicario. Ce qui expliquerait peut-être le récent déplacement de Sakhri en Espagne. Il n’y a jamais de fumée sans feu, comme on dit. Cela dit, ce limogeage intempestif montre bien la fragilité et la précarité dont souffre la majorité de nos clubs, notamment les plus populaires d’entre eux. Le MCA, plus que les autres, est abonné aux changements à chaque fois qu’il y a un petit problème. Une instabilité chronique que ce soit au niveau technique ou administratif. Le Mouloudia est bien ce géant aux pieds d’argile, il n’a pas volé sa réputation sur ce plan qui le poursuit depuis longtemps. Un club qui mobilise une base populaire impressionnante, mais qui n’arrive toujours pas à s’inscrire dans un projet ambitieux à même de lui permettre d’être la locomotive du football national. Un destin qui lui sied bien, mais il n’a jamais trouvé les dirigeants capables de le hisser à son véritable rang. Hormis la parenthèse enchantée des années 70, décennie au cours de laquelle il a plus ou moins partagé le règne du championnat avec la JSK, le Mouloudia a plus connu des bas que des hauts dans son histoire. C’est un peu paradoxal, mais c’est un constat implacable. Le pire est que ça n’a pas l’air de vouloir changer. Le club semble condamné à supporter continuellement les turpitudes de ses dirigeants. Une sorte de malédiction de laquelle il ne peut plus se défaire.

Ali Nezlioui