Ligue 1 Mobilis: Vous avez dit crise ?

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 La date de la fermeture du mercato hivernal chez nous approche. Elle est fixée pour ce mercredi 16 janvier.

Le premier constat que l’on peut faire est que pratiquement tous les clubs ont pu faire leur « marché », y compris ceux qui étaient interdits de recrutement pour avoir une dette égale ou supérieure à un milliard de centimes. Ce qui veut dire qu’ils sont parvenus en un laps de temps très court à éponger leurs dettes vis-à-vis de leurs ex-joueurs et entraineurs. Comment ce miracle a pu se produire, sachant que la majorité des pensionnaires de l’élite est secouée par une grave crise financière ? Encore une fois, ce sont les pouvoirs publics qui leur sont venus en aide. Une intervention salutaire loin toutefois de résoudre le problème dans le fond. Bien au contraire, elle encourage les dirigeants à poursuivre dans leur politique suicidaire d’endettement tout en sachant qu’ils seront couverts d’une manière ou d’une autre par les autorités. C’est pour cette raison d’ailleurs que les responsables des clubs n’ont jamais cédé à la panique, malgré les menaces persistantes de la FAF et de la LNF. Ils savaient à l’avance que leurs problèmes financiers seront réglés à temps. C’est ce qui s’est effectivement passé. La vache à traire ne s’est jamais tarie, quand bien même elle montre des signes d’agacement et de lassitude. En fin de compte l’Etat providentiel est toujours là bienveillant et indulgent. L’essentiel est d’éviter les conflits et l’enlisement  qui pourraient engendrer des situations incontrôlables sur le plan social. Cette mansuétude s’explique en effet par le souci constant des pouvoirs publics de maintenir la paix sociale, à fortiori dans une année d’élection présidentielle. Les clubs en profitent largement en mettant les autorités devant le fait accompli. Un comportement d’enfant gâté auquel tout le monde s’est accoutumé. Les Walis et autres responsables locaux se complaisent pour leur part dans leur rôle de pompiers. Une situation qui perdure et l’on n’a pas l’impression qu’elle va s’arrêter un jour. Du moins pas de sitôt. Le monde du professionnalisme ayant montré ses limites chez nous, ces pratiques se généralisent sans vergogne à tous les niveaux et à tous les paliers. Tous les clubs ou presque seront logés à la même enseigne. Il sera bien difficile dans ce cas d’établir une hiérarchie à même de hisser le niveau du championnat vers le haut. Avec cette politique de la fuite en avant, le football national en subira inéluctablement les conséquences. C’est une constante à plusieurs variantes qui dure depuis des décennies. L’on continuera dès lors à faire du surplace. Les clubs avec leur insouciance et leur inconscience et l’Etat à faire dans le colmatage. Il n’y a rien de nouveau au demeurant, puisque les saisons se suivent et se ressemblent. Tout cela pour offrir un spectacle hebdomadaire indigeste, où la violence le dispute à la chienlit. Le pire est que l’on ne sent aucune volonté de changement chez aucun acteur de la balle ronde. A vrai dire, dans ce capharnaüm, tout le monde trouve son compte sauf le football est tout ce qu’il peut représenter comme vertus œcuméniques. «Ce que je sais de plus sûr à propos de la morale et de ses obligations, disait Albert Camus, c’est au football que je le dois… ». Ça se voit qu’il ne vit pas dans notre époque…

Ali Nezlioui