Ligue 1:  Notre championnat est-il plus agressif qu’il n’y paraît ?

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Le site de la FAF a publié, hier, sur son site officiel une étude réalisée par l’Observatoire du football CIES (Centre international d’étude du sport), sur la géographie de l’agressivité dans le football.

Pas moins de 92 championnats ont été répertoriés à travers le monde, dont celui de l’Algérie, dans cette étude qui prend en considération «le nombre moyen de cartons (jaunes et rouges) par match pendant la saison en cours ou la dernière complétée (jusqu’au 17 février 2020)». Notre championnat se situe à la 54e place avec une moyenne de 4,32 cartons (0,21 rouge et 4,11 jaunes). Proche de ceux de la Liga espagnole, la Primeira Liga portugaise ou la SüperLig turque, selon la FAF.A l’échelle mondiale, les championnats les plus «agressives» se trouvent en Amérique latine (Bolivie, Uruguay, Guatemala, El Salvador, Colombie, Equateur, Pérou et Argentine). Les plus fair-play en Asie (Japon, Vietnam et Corée du Sud). Ce n’est donc pas une simple vue de l’esprit ou un cliché, les championnats sud-américains sont bel et bien violents sur et en dehors du terrain. Même si ce dernier aspect n’a pas été évoqué dans cette étude. N’empêche, un excès d’agressivité sur le terrain se répercute inéluctablement sur la réaction des supporters dans les tribunes. On n’est pas étonné non plus de voir le championnat du Japon cité comme le moins violent. Il est des comportements  qui ne trompent pas comme celui des joueurs et des fans nippons nettoyant à la fin des rencontres le vestiaire et les tribunes qui leur sont réservés. C’est avant tout une question d’éducation et de culture. Cela diffère d’un pays à un autre. Aussi, on n’est pas tous égaux devant la passion du football. Reste à savoir si ces statistiques et ces chiffres accumulés sur un ordinateur, rendent compte fidèlement de la réalité du terrain. Il arrive que des championnats soient très agressifs, sans que l’on peut les répertorier comme tel, car les arbitres sont moins rigoureux dans ce registre. Si l’on prend l’exemple de la Ligue 1, les fautes méritant des cartons ne sont pas toujours sanctionnées. Nos arbitres, il faut le dire, font souvent preuve d’une passivité condamnable. Par crainte ou pour ne pas envenimer les choses, les raisons sont multiples, mais leur manière d’officier fausse quelque peu ce genre d’étude. C’est peut-être valable ailleurs, mais pas vraiment chez nous.  un championnat à part où les lois du jeu sont tout le temps bafoués pour s’adapter à un environnement hostile et agressif. On constate que les règles appliquées ailleurs ne peuvent pas l’être ici. C’est un constat que les observateurs ont pu faire. L’impression que l’on ne pratique pas le même sport. La comparaison est affligeante notamment par rapport aux championnats européens. On s’éloigne de plus en plus des standards et des normes universels.

Pour bien l’illustrer, il y a cette réponse d’un ex-arbitre international à qui on a demandé pourquoi ses prestations sont plus abouties à l’étranger que dans le championnat domestique.  «À l’étranger, on est mis dans les meilleures conditions, on arbitre à l’aise sans aucune contrainte. En revanche, chez nous, on subit une pression terrible. L’hostilité est partout. C’est une véritable épreuve pour nous. Parfois, c’est intenable», a-t-il confié.

Ali Nezlioui