Ligue 1: Où va l’USMA ?

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Le champion en titre est dans la tourmente. La crise persiste et prend des proportions alarmantes, ces derniers jours. L’avenir du prestigieux club algérois est désormais en jeu. Tout vole en éclats.

L’équipe qui parvenait à maintenir un semblant de calme en réalisant de bons résultats, est en train de perdre pied. C’est la première fois, en effet, depuis longtemps que la formation usmiste subit trois défaites de suite toutes compétitions confondues sur un score sévère (1 – 3). Le dernier revers concédé en championnat à domicile face au CSC a laissé des séquelles. Les supporters, sur les réseaux sociaux, montent au créneau et exigent le départ de l’actuelle équipe dirigeante, accusée de rouler pour l’ancien propriétaire du club, Ali Haddad et son frère Rebouh. D’ailleurs, ils pensent que ce dernier continue de tirer les ficelles derrière le rideau. D’anciens joueurs comme Hocine Achiou et Mohamed Hamdoud, multiplient, quant à eux, les déclarations pour fustiger les actuels responsables du club. Il y a quelques mois un comité de sauvegarde de l’USMA, composé d’anciens dirigeants, de supporters et d’ex-joueurs, a vu le jour. II essaye tant bien que mal de s’imposer comme une force de propositions en suggérant des solutions de sortie de crise. Mais pour le moment, ses incessants appels ne sont pas entendus. Une situation de blocage qui a créé un climat hostile et électrique qui rappelle la crise de 1989. Période au cours de laquelle, l’USMA a connu les pires années de son histoire. Des années passées au purgatoire dans pratiquement l’anonymat.

Les anciens fans s’en rappellent et ne veulent pas connaître la même errance messianique à la recherche des temps perdus. Une ère maudite que l’on croyait à jamais révolue. Mais les derniers événements ravivent chez les supporters des mauvais souvenirs qu’ils ont mis des années à classes. Ils craignent que l’histoire ne se répète, même s’il faut reconnaitre le contexte n’est plus le même. L’USMA des années 80 n’est plus celle d’aujourd’hui. Le club a changé radicalement de statut devenant un cador incontournable de l’élite et l’un des plus titrés et l’un des plus représentatifs du pays. Il a également beaucoup gagné en popularité. C’est indéniable. Une notoriété qui dérange cependant. Car ses supporters qui ont joué un rôle prépondérant dans la naissance du mouvement du Hirak sont réputés pour être des dissidents. Le pouvoir en place leur tient rigueur. Certains pensent d’ailleurs que l’USMA paye actuellement «l’outrecuidance» et la liberté de ton de ses fans. Y a-t-il une volonté politique pour casser le club ? Beaucoup d’Usmistes en sont convaincus. Aux problèmes juridico-financiers auxquels est astreint le club depuis l’incarcération de son ancien actionnaire majoritaire avec le blocage de ses comptes, s’ajoutent aujourd’hui, les querelles internes. En une saison, le club a beaucoup perdu sur le plan institutionnel. Il est tombé dans une précarité dangereuse, au moment où certaines tentent de profiter de la situation pour se replacer. L’on pense notamment à son ex-homme fort Saïd Allik. En sa qualité de président du club amateur, il essaye de récupérer l’USMA avec l’aide de certains fans. Le jeu des coulisses fait ravage actuellement dans arcanes du club. Mais Allik ne bénéficie plus du soutien de la majorité. Sa popularité au sein du club est au plus bas, surtout depuis qu’il a rejoint le CRB, un rival de la capitale. Les supporters n’en veulent pas tout comme ils appellent au départ de la famille Haddad. Pendant ce temps, les pouvoirs publics se contentent du rôle de spectateur, alors que la situation risque de se dégénérer. La Ligue, pour sa part, 0a enfoncé le clou en imposant à l’équipe un calendrier démentiel. C’est à n’en pas douter l’une des raisons essentielles des mauvais résultats du club, ces dernières semaines. Visiblement tout est contre l’USMA actuellement. C’est pour cela que l’union sacrée de ses enfants est indispensable pour pouvoir y faire face. Il y va de sa survie.

Ali Nezlioui