Ligue 1 : USM Alger   Un club au bord de l’étouffement !

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 Les jours se suivent et se ressemblent pour le champion d’Algérie sortant qui ne voit pas la sortie de la crise dans laquelle il se trouve depuis l’incarcération de son ex-actionnaire majoritaire, Ali Haddad.

Ses comptes sont toujours gelés et il n’y a rien qui présage un déblocage dans les jours à venir. Il y a certes, la promesse de la désignation prochaine d’un administrateur pour gérer les affaires, mais la procédure risque de prendre beaucoup de temps. Cela ne joue pas en faveur de l’USMA qui a des échéances à honorer ces jours-ci. D’ailleurs, Dziri Billel, le coach des Rouge et Noir a tiré la sonnette d’alarme, juste après le succès en championnat face à l’Entente, ce jeudi. Pour lui, cette situation devient insoutenable. « La crise financière n’a que trop duré. En cas de qualification au prochain tour de la Ligue des champions, nous devons trouver encore des moyens pour se déplacer. Une solution dans l’immédiat est plus que nécessaire. Pour notre prochain match de championnat à Constantine, nous devons solliciter des crédits pour effectuer le voyage », s’est-il plaint devant les médias. Il est vrai que les Rouge et Noir vivent une situation inédite dans le championnat. Voilà un club qui fonctionne au jour le jour sans le moindre centime dans ses comptes.  Il doit se débrouiller pour trouver de l’argent afin de pouvoir survivre et surtout pour ne pas déclarer forfait, comme ça a failli être le cas pour le match préliminaire de la Ligue des champions au Niger. Dans ces conditions, c’est une prouesse de pouvoir garder les joueurs concentrés sur leur métier, eux qui n’ont pas été payés depuis des mois, comme le confirme le coach usmiste. « Les anciens joueurs doivent huit mois de salaires à la direction, alors que les nouvelles recrues n’ont perçu encore aucun centime, idem pour le nouveau staff technique », révèle-t-il avant d’ajouter fataliste : « Si la crise persiste encore, il vaut mieux fermer la porte du stade et partir. On ne peut pas continuer à travailler dans de telles conditions ».Il est vrai que le cas de l’USMA est délicat et complexe. Le club, comme toutes les sociétés appartenant aux hommes d’affaires emprisonnés dernièrement pour des affaires de corruption, sont des victimes collatérales de cette opération « mains propres » que connait le pays depuis le début du Hirak. Mais ce que l’on déplore c’est l’inertie des pouvoirs publics qui ne semblent pas prendre en compte l’urgence de trouver des solutions rapides. D’autant que l’USMA a un potentiel repreneur qui n’attend que le feu vert des autorités pour entrer en action. En attendant, les supporters s’inquiètent à juste titre d’ailleurs. Ils ne veulent pas vivre de promesses en voyant leur club sombrer de plus en plus dans la crise. Il y a quelques semaines, le ministre de la jeunesse et des sports a déclaré que le cas de l’USMA est réglé. Mais il n’y a rien de concret pour le moment. Les fans qui s’apprêtent à organiser un nouveau sit-in devant le siège de du ministère de la justice, ne sont pas dupes. Ils pensent même que leur club est visé. La patience a des limites, les joueurs usmistes qui se sont comportés en seigneurs jusque-là, ne peuvent pas attendre indéfiniment leurs dus. Ils peuvent craquer à n’importe quel moment. L’étouffement guette l’USMA et il n’y a qu’une volonté politique sincère qui peut la faire sortir de l’ornière.

Ali Nezlioui