Ligue : JS Kabylie: Grandeur et décadence

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Comment peut-on prendre au sérieux un club qui limoge son entraîneur après seulement une journée de championnat ? Autant on peut comprendre le licenciement de François Ciccolini par l’USMA pour «faute grave», autant on ne trouve aucune excuse à celui de Yamen Zelfani.

Il est vrai que le technicien tunisien n’a pas pu obtenir l’autorisation de diriger son équipe à partir de la main courante, mais il faut rappeler que ce sont les dirigeants de la JSK qui ont insisté pour le maintenir en poste tout en sachant que Zelfani n’avait pas le diplôme «CAF» exigé par la FAF pour pouvoir exercer en Algérie. Ils étaient même persuadés de pouvoir le qualifier à temps par on ne sait quel procédé. Devant le niet de la Fédération, ils ont fini par le limoger, d’autant que le directeur sportif du club, Kamel Abdeslam avait menacé, au courant de la semaine, de claquer la porte si le coach tunisien était maintenu à la barre technique contre vents et marées. Zelfani a dû plier bagages, après avoir réalisé la préparation de l’équipe durant l’intersaison. Youcef Bouzidi lui succède et revient aux affaires, lui qui a été remercié par la JSK, il n’y a pas si longtemps. Pourtant il avait à l’époque, réussi à sauver l’équipe de la relégation et atteint la finale de la Coupe d’Algérie.  Ainsi va la vie d’un entraîneur chez nous, un incessant va-et-vient faute d’une stabilité devenue un luxe difficilement accessible. Nos clubs n’hésitent plus à changer d’entraîneur parfois sans raison valable. Certains d’entre eux en consomment trois jusqu’à quatre par saison. La JSK, il faut le dire, fait partie des équipes ayant le plus changé de technicien ces dernières années. 15 ces cinq dernières années. Une tendance qui n’est pas près de changer apparemment. Reste à savoir combien de temps va résister Bouzidi, surtout que le président Cherif Mellal exige des résultats immédiats et exige que son club joue les premiers rôles cette saison. Mais au vu de l’effectif de la JSK, il sera vraiment difficile pour le nouvel entraîneur des Canaris de relever le défi. D’autant que la JSK est engagée sur plusieurs tableaux, notamment la Coupe de la CAF, une compétition dont elle aurait pu se passer eu égard à sa pénibilité sachant aussi que les clubs algériens n’ont pas actuellement le niveau pour rivaliser au niveau continental. Une réalité que ne veulent pas admettre nos dirigeants, en dépit des échecs successifs des dernières années. Ils s’obstinent dans une logique parfois suicidaire. Cet entêtement s’explique par une vision étriquée et d’une absence totale d’une politique sportive à moyen terme. Nos clubs naviguent à vue et vivent dans le passé au moment où les équipes africaines progressent et aspirent à devenir des institutions. Il est loin le temps où la JSK avait son mot à dire sur le Continent. Un héritage complètement dilapidé. Celui qui n’avance pas recule. C’est le triste sort auquel est confronté le club kabyle. Une régression systématique entrée dans une spirale incontrôlée et incontrôlable.

Ali Nezlioui